I   Mes dossiers et archives  I

                     POURQUOI MA PASSION POUR RENNES-LE-CHATEAU

     A l'occasion d'un repas de mariage en 1958, j'ai pu entendre de la bouche de Noêl Corbu, propriétaire du restaurant "la Tour", parler de cette histoire, largement diffusée dans les colonnes du journal la Dépêche du Midi en 1956.
    Les années ont passé, et ma curiosité pour cette histoire s'est développée.
   Tout d'abord, c'est lors de la parution du premier ouvrage "L'or de Rennes" de Gérard de Sède, où entrent en scène les noms de personnes qui allaient alimenter cette histoire, que je découvre celui d'Henri Boudet. Ce nom qui m'interpelle et me remet en mémoire certaines veillées d'hiver ou d'été où les anciens évoquaient les noms de prêtres qui avaient laissé dans le cœur de chacun d'excellents souvenirs. Deux noms étaient souvent évoqués : l'abbé Fabié (1860-1925), qui avait entièrement reconstruit l'église de Saint-André et avant lui l'abbé Henri Boudet qui fut curé de 1866 à 1872.
saint-andre-fontrouge-nb-gp-jpg.jpgL'origine familiale dans cette contrée, la plus reculée de la Vallée de la Corneilla, remonte bien avant. Mes ancêtres habitaient "La pinette", une ferme située à quelques centaines de mètres de Machore et Fontrouge ,avant de descendre dans la vallée au hameau de "Besse", et par la suite, ils s'installeront définitivement à Saint André, où je suis né à la veille de la seconde guerre mondiale. Si je donne ces détails sur l'implantation de ma famille au cours des siècles, c'est qu'ils auront par la suite leur importance et notamment lorsque je parle de l'abbé Boudet. Mais avant, et pour ceux qui n'ont pas lu mon livre "Rennes-le-Château en quête de vérité", paru en 2012, c'est de l'abbé Jean Baptiste Fabié  qui était né au hameau de Besse.que j'évoque quelques souvenirs qui eux me font penser à Bérenger Saunière. Après son ordination, l'abbé Fabié fut curé de Saissac, puis de Vignevieille et de Montfort sur Boulzane C'est dans ce village, à l'occasion d'une visite pastorale de Monseigneur Félix Billard en 1892, que l'abbé prit son courage à deux mains et dit à son Evêque: " Monseigneur, si vous me mettez dans le village où je suis né, je me charge de reconstruire son église qui est en bien triste état".
   Son vœu fut exaucé et ce qu'il avait promis fut respecté et fit même beaucoup plus. Ceux qui ont visité cette église peuvent juger du résultat. Contrairement à l'abbé Saunière, il consacra tout son temps à reconstruire son église, à son ministère et à ses ouailles, et ne se réserva qu'une petite place contre le mur de son église pour y reposer en paix.
   Mais revenons à l'abbé Boudet. Je n'irai pas jusqu'à dire, comme l'ont fait certains auteurs, que Boudet m'a baptisé en janvier 1939, dans l'église de Saint-André, mais, j'ai un avantage sur ceux qui parlent de sa vie et analysent son œuvre, c'est l'opportunité qui m'a été offerte de pouvoir m'entretenir avec des personnes âgées du village et des environs, où il exerça son ministère pendant six ans.
   Parmi eux, des paroissiens et des familles, qui à l'époque, entretenaient avec l'abbé, sa mère et sa soeur des relations très amicales, une dame d'un certain âge qui, âgée d'une dixaine d'années, fut soignée par l'abbé Boudet, alors curé de Rennes-les-Bains. 
 Des invités à sa table au presbytère de Saint-André, et surtout les repas qu'aimait partager Mgr de la Bouillerie, qui ne tarissait pas d'éloges sur son subordonné et ne manquait jamais de venir présider l'office de première communion à Saint-André; et enfin, les plus âgés qui se souvenaient des longues promenades qu'il effectuait, son bâton en main et sa musette en bandoulière. A tous ces entretiens s'ajoutent des enregistrements audio.

     courrier-boudet-2050.jpg  courrier-boudet048-gp.jpg  courrier-18-juillet-1869.jpg  venue-de-l-eveque-19-juillet-1869.jpg
 
    © André Galaup - Quelques passages de courriers d'une religieuse à Saint Denis de la Réunion à ses parents à Saint-André.
      
      C'est ainsi, que sans trop m'avancer, je dirai que je dois être un des rare et peut-être le seul à pouvoir parler et écrire, sans trahir ce qu'on a bien voulu me confier, ce que je fis dans un premier livre, ne transcrivant que quelques échos de sa présence dans ce petit village de la Vallée de la Corneilla et de dresser le portrait qu'on m'avait décrit de ce Saint homme, comme avaient coutume de le qualifier ses paroissiens.

   Alors, avec tous ces souvenirs et en apportant certaines preuves, quels enseignements croyez-vous que je peux tirer de ces longues soirées d'antan.
   Boudet, que certains voudraient faire passer pour un mystique à la vue de la pierre gravée sur sa tombe, et ceux qui le considèrent comme l'initiateur du grand secret de Rennes-le-Château, font fausse route et salissent sa mémoire. Ce qui me fait beaucoup de peine, et que, bien modestement je voulais témoigner que Boudet était un érudit, très au fait de l'histoire locale et régionale, un passionné de linguistique, maîtrisant parfaitement le grec, le latin, l'anglais, tout en ayant des connaissances très avancées d'allemand et d'espagnol; un scientifique, un archéologue, un photographe, (peut-être le premier dans la région à posséder un appareil photographique).
    Son ouvrage publié en 1886:"La vraie langue celtique et le Cromlech de Rennes-les-Bains", très cité et décrié aujourd'hui, dont il soumet le texte à l'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles Lettres de Toulouse, qui en fera le compte rendu dans sa séance du 5 juin 1887, est bien accueilli. En 1893 en tant que membre correspondant de la, Société des arts et des sciences de Carcassonne, il écrit une courte étude intitulée "Remarques sur la phonétique du dialecte Languedocien". Il est également membre de la Société Linguistique de Paris, le 4 décembre 1897 où il présente de nombreux travaux. et notamment en 1902 une étude sur quelques noms de lieux en Languedoc.
   
    Concernant ses facultés linguistiques je citerai pour preuves ces quelques lignes d'un compte rendu de la SESA de l'Aude en 1891 "Excursion à Greffeil dans les Corbières par M. Charles Dat de Foule"
    "J'ai désiré s'avoir ce qui avait amené M. Le Curé ( abbé Ancé, curé de Greffeil) à faire des recherches sur l'Etymoligie de Greffeil: Agreffeil, Agrifolium qui ne le satisfaisaient pas. Il s'est alors adressé à M. L'abbé Boudet, curé de Rennes-les Bains, auteur de l'ouvrage "la vraie langue celtique" qui a décomposé le mot de la manière suivante; Grev-fill _ fill abondance _ Grev, tombes. C'est ce qui a décidé M. Ancé à faire des fouilles dont le résultat a donné raison à l'étymologie par M. le curé de Rennes".
    Les découvertes confirmaient la présence de plusieurs tombes creusées dans le roc…
 

    Indépendamment de sa charge ecclésiastique, Boudet était un passionné de nature et de plantes, et affectionnait les longues promenades. Longeant la montagne de la "Mataline" (dont il parle dans son livre) colline qui part de Saint-André, passe par l'ancienne ferme "la Pinette" et va rejoindre l'église de Saint-Michel de Fontrouge, il aimait particulièrement ce lieu et passait des heures à contempler ce vaste paysage, avec au loin, le Pic de Bugarach, la Montagne Noire, la longue chaîne des Pyrénées.
   Au retour, sa musette, contenait plusieurs variétés de plantes qu'il recommandait en infusion à ceux qui venaient le consulter, avant la venue du docteur de Limoux qui montait avec sa mule et la jardinière. Boudet avait en plus des dons cachés, notamment en médicine.
    Le jeudi après midi, il le consacrait à de jeunes élèves qui montraient des facilités pour les études. Ne se substituant pas à l'instituteur, il leur apportait un plus de connaissances et ainsi certains ont fait de belles carrières Voilà à mes yeux ce qu'était l'abbé Boudet, et je n'ajouterai pas un mot.
   
    Dans l'affaire de Rennes-le-Château et son curé, on est parti de rien sinon d'un hôtelier qui, pour attirer ses clients, a monté une très belle histoire racontée par un journaliste qui a ajouté un brin de fantaisie et de mystère. Il n'en fallait pas plus. Et ce plus déborde aujourd'hui sur n'importe quoi, car on est bien loin de la vie et de l'œuvre des abbés Saunière et Boudet, c'est regrettable.

     C'est ainsi quel les premiers auteurs focalisèrent leurs recherches sur les réalisations du prêtre, jugées un peu trop somptueuses pour l'époque pour une si petite bourgade, et sur les démêlés avec l'autorité religieuse. Les rares ouvrages qu'on pouvait se procurer, parlaient de trésor découvert par le prêtre pour financer ses travaux, des comptes que sollicitait l'évêque et du procès qui s'ensuivit. Mais on parlait aussi, de l'Histoire de cet ancien comté du Razès et de ses Seigneurs. On n'avait pas besoin de broder, et sur le plan historique les archives départementales et les auteurs anciens nous en apprenaient plus qu'il ne fallait. Du côté de l'évêché, à la vue des rares archives, il paraissait évident que, Saunière avait reçu beaucoup d'argent de fidèles donateurs, et peut-être d'autres sources par la suite, mais sur ce point, il faut faire des recherches plus approfondies.
    Très vite l'histoire de Rennes prit une autre direction. Comme si on avait tout dit et écrit, les nouveaux auteurs s'orientèrent alors vers des sujets des plus variés et chacun voulut prouver qu'il détenait la vérité. Résultat, on compte aujourd'hui plus de 500 ouvrages.

Dans la nouvelle littérature, nous trouvons d'excellentes analyses, des études très poussées sur le plan historique, archéologique et architectural, qui démontrent à elles seules que Rennes mérite le détour, même si la route est longue et sinueuse pour arriver à son sommet. Mais il manque cette substance qui donnait envie de venir découvrir un lieu et une histoire, qui surprend les touristes et épouvante les puristes, qui ne comprennent plus quel message on veut faire passer. Alors sans preuves à l'appui, on invente, croyant que le lecteur est crédule et le prendra pour argent comptant.
  Dans ce vaste florilège des nouveaux ouvrages, quelques présentations qui nous montrent bien que Rennes et le mystère de l'abbé Saunière est bien loin, Il n'y a plus de rêve sur la colline, le vent a tout balayé et emporté au loin.

           Mais attention, la rumeur est un mythe qui fait des ravages et pas seulement chez les gens sensibles.

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    "Après le matraquage dont nous avons eu droit après l'annonce de la fin du monde et Bugarach, qui fut le fond de commerce de certains, il fallait bien trouver un nouveau créneau. Un auteur local, qui a publié des écrits historiques sur Rennes et est cité comme référence en la matière, a déclaré dernièrement au cours d'une assemblée, que l'abbé Boudet et un père Lazariste de Notre Dame de Marceille auraient découvert dans le Bugarach un tombeau abritant les sarcophages de Jésus, de Marie Madeleine et de leurs enfants"

    "Un autre auteur les situait quelque temps avant sur le mont Cardou, face à Blanchefort et Marie Madeleine, à Rennes-les-Bains"
    On aimerait avoir des preuves !
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    "Une petite vidéo pour la bonne compréhension des lourds mystères du Razés, «Les Da Vinci Codes révélés» nous révèle que, Léonard de Vinci n’était autre que la réincarnation de Saint Pierre. Tout s’éclaire ensuite «…le fameux tableau de la Cène (The last supper) du maître italien est une représentation symbolique du Pech de Bugarach, que le peintre aimait arpenter».

   Et de déclarer que «Armés de ces clefs fondamentales, nous sommes désormais tout à fait à même de percer l’indicible secret de Rennes-le-Château. Il suffit pour cela de tremper sa main dans le bénitier de l’église pour purger son âme et retrouver l’Amour»…

    Que dire.  Sinon qu'on prend les lecteurs pour des tarés !
    Et une preuve sur les dangers de rumeurs : la mort tragique d'un Périgourdin de 57 ans, qui venait chercher refuge contre la fin du monde annoncée pour le 21 décembre 2012 à Bugarach.

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    "Après quatre années de recherches dans les archives municipales ou nationales, à défaut de ne pouvoir fouiller celles du Vatican un autre auteur nous amène à repenser dans son roman "Jeanne d'Arcadie" la fameuse légende dorée de l'héroïne française".
     
Dommage que les preuves essentielles ne soient pas consultables.

    "Jeanne d'Arcadie est une histoire dans l'histoire, une vision tout-a-fait inhabituelle de Jeanne d'Arc, qui donne une explication parfaitement hérétique par rapport à sa légende officielle.  L'auteur met en garde les dévots et fervents catholiques qui risquent d'être contrariés. Ce n'est pas son objectif de choquer les belles consciences, par contre c'est bien son objectif que de faire réfléchir quant aux manipulations mentales que durant des siècles et avec la complicité des régimes successifs, l'Eglise a fait subir à ses ouailles"
  Il aurait dû ajouter " la France et ses débiles mentaux !".... pour qui nous prend l'auteur?

  "Alors que cette guerre a duré cent ans et que d’innombrables cités au moins d'aussi stratégiques qu'Orléans sinon plus étaient aux mains des Anglo-Bourguignons, pourquoi Dieu aurait-il attendu un siècle pour envoyer la Pucelle".
     Les desseins de Dieu sont impénétrables.

  "Quelle mystérieuse cérémonie aux allures de parodie de sacre eut lieu en l'abbaye de Saint-Benoît sur Loire ce 21 juin 1429, trois semaines avant le sacre officiel de Reims?
     -Et qu'aurait découvert ce célèbre curé Saunière en son église de Rennes-le-Château pour devenir soudainement riche juste au moment où le Vatican préparait la canonisation de Jeanne d'Arc".
   Quel est le rapport?

   "Toutes les réponses…du moins Mes (je suis bien d'accord la dessus) réponses sont exprimées dans cet ouvrage, présenté comme un roman mais dont les personnages font en vérité l'enquête que j'ai moi-même effectuée sur cette énigmatique "Pucelle d'Orléans".
    "Dans cette révision de l'épopée johannique, si seulement la moitié des indices convergents énumérés en notes de bas de pages ou en annexes sont acceptables par les historiens classiques, c'est déjà un séisme pour la présentation habituelle de l'héroïne orléanaise, mais si la totalité l'est, on ne peut plus parler de "roman" en dehors de l'intrigue qui sert d'argément".
     En effet ça a l'air de certitudes pour l'auteur.

 

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    "Une jeune Italienne se penche sur le Trésor et le mystère de Rennes-le-Château. Il y a un peu de tout dans cet ouvrage qui sera traduit en français prochainement. La première partie porte sur le mystère des lieux, la seconde sur l'histoire des mérovingiens et des Cathares, des Templiers et du Prieuré de Sion. La troisième partie les évangiles canoniques et apocryphes sont présentés en bousculant les autres analyses, beaucoup trop superficielles, avec un Jésus humain, un chef politique qui réussit à fuir de Jérusalem et qui arrive dans le Rasés. 
      Quant à marquise Marie de Nègre elle apparaît comme la dernière protectrice du secret de Rennes-le-Château.

   Un bon point tout de même pour cette auteure de 23 ans, experte en droit, qui très jeune était venue avec ses parents à Rennes et qui, si elle parle très bien le français c'est qu'elle l'a appris à travers les écrits retraçant la fabuleuse et riche histoire de Rennes-le-Château.
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     Aujourd'hui, avec tous ces nouveaux auteurs, on oublie totalement l'affaire de l'abbé Bérenger Saunière et d'un supposé trésor qui lui aurait permis autant de dépenses et qui l'on conduit au conflit avec son évêque et sa "suspens a divinis" et à sa mort.

 

Date de dernière mise à jour : dimanche, 17 Novembre 2013

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