I Mes dossiers d'archives I


                                                              QUI A TUE L'ABBE JEAN-ANTOINE GELIS, ET POURQUOI?

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                      70 ANS APRES  DEUX AVOCATS  Me MAURICE NOGUE ET Me JULIEN COUDY  
                        OUVRENT LE DOSSIER DU PROCES ET RACONTENT L'HORRIBLE CRIME 

           Reportage © Francis ATTARD pour le Journal Midi-Libre des 3-4 et 5 octobre 1975 - 
              Photos © André GALAUP 

                                                    ASSASSINAT DE L'ABBE JEAN-ANTOINE GELIS CURE DE COUSTAUSSA
                   LE PATRE ESPAGNOL AMOUREUX DE LA CHANTEUSE AURAIT-IL TUE PAR VENGEANCE?

 

abbe-mazieres.jpg L'abbé Maurice René Mazières a une idée bien précise de cette mort mystérieuse dont il fit part à l'époque à l'ancien juge de paix de Couiza.

  "Ce qui est devenu extrêmement rare pour ne pas dire inexistant de nos jours dans notre contrée: la transhumance. Nombreux étaient les troupeaux au siècle dernier et encore au début du siècle qui transmutaient dans notre région de Couiza, Coustaussa et alentours. Il faut dire que les près étaient riches et bonne était la pâture.
   Il y avait alors à Coustaussa vers les années 1895 un jeune pâtre qui venait tous les ans. Jeune, présentant très bien, causant assez bien le français, très séduisant, très distingué, bref de quoi séduire une jeune fille de chez nous. Et c'est ce qui arriva, avec l'une d'elle de Coustaussa.
   Mais voilà, le sort fit, qu'il tomba amoureux de la meilleure chanteuse du chœur de chant, la plus belle voix et de plus la fille d'une bonne famille. Ce pauvre pâtre malgré tout l'amour porté à cette jeune fille, qui le lui rendait bien, allait être confronté à d'énormes problèmes, la jalousie des gens du village, la méchanceté et l'incompréhension de la famille et enfin de l'autorité ecclésiastique.
    Les parents de la jeune fille ne voulaient absolument pas entendre parler de berger et encore moins de demande en mariage, prétextant qui si elle continuait à fréquenter "l'étranger" ils allaient la perdre. Il est vrai que le pâtre était d'origine espagnole, mais résidant et travaillant en Andorre.
   Tous les habitants du village étaient persuadés que si les amours de ce deux jeunes continuaient ils ne reverraient plus leur joli "rossignol".
    Quant à l'abbé Gélis, lui non plus, ne fit rien pour arranger les choses. C'était pourtant son rôle de prêtre que d'unir deux être qui s'aimaient. Mais voilà, lui ne perdait pas son enfant, mais sa meilleure chanteuse. Il faut imaginer les choses telles qu'elles étaient à cette époque là; c'était pénible même pour un prêtre. Et osons penser qu'il ne s'agissait que de la perte de sa meilleure chanteuse, car les gens du village, allaient beaucoup plus loin dans leurs raisonnements.
    L'abbé Gélis insista  auprès de la famille de la jeune fille et les mit en garde, leur disant de ne pas accepter ce mariage qui se traduirait par la perte de leur chère fille.
    La malheureuse enfant ne voulut pas outrepasser la volonté des parents et se résigna à son triste sort, disant à son beau et cher amoureux qu'il fallait qu'ils cessent de se voir et faire en sorte d'oublier leur beau roman d'amour. La séparation eut lieu, mais l'oubli !
    Alors, se voyant refuser ce qu'il aimait le plus au monde, le jeune pâtre dit tout haut à la jeune fille et à des habitants qu'il en voulait à mort au curé.
   Que n'eut-il pas dit ! Et bientôt tout le village apprenant l'assassinat du prêtre eut vite fait de voir en l'étranger l'assassin. Il fut vite iniquité par la justice, mais faute de preuves on ne put rien contre lui et l'on prononça un non lieu. Quant au neveu longtemps soupçonné, il fut lavé de tout soupçon car lui avait un sérieux alibi.
    Quant à l'évêché et la famille de la jeune fille, dés l'assassinat du curé elle fut muette sur l'affaire et se refusa à tout commentaire.
    (Ceux  qui souhaiteraient en savoir plus sur ce procès, ils peuvent consulter les Archives Départementales de l'Aude, qui possèdent la collection complète du "Petit Journal" de l'époque qui relatait le procès dans les années 1897-98-99.)

   Mais il y a un fait troublant concernant cette mort et notamment le comportement de l'assassin après son crime. Au lieu de se sauver rapidement, l'auteur prit le temps de disposer le corps sur le dos, lui croiser les bras, lui placer un crucifix sur la poitrine. En somme il lui donna une pose rituelle, qui fait penser à certains actes similaires commis par les peuples Sud Américains espagnols qui n'hésitaient pas avant de commettre un crime d'aller faire brûler un cierge à la vierge et se recommander à elle, afin que le "coup réussisse".
     Le pâtre espagnol a peut-être là signé son crime?  Autre indice, on trouva dans la cuisine, du papier à cigarette "le Tzar" et écrit dessus "Viva Angélina", dont la vente n'était pas connue dans les bureaux de tabac de la région. Par contre, rien ne fut volé, pas même les économies de l'abbé. Il ne nous appartient pas de porter un jugement et encore moins d'ouvrir le dossier qui est clos, mais cette affaire restera toujours une énigme de plus dans le dossier de Rennes-le-Château et de ses environs.
    L'abbé Gélis sera le premier à décéder d'une façon pour le moins étrange à l'âge de soixante dix ans.

       Témoignage recueilli auprès de l'abbé Maurice Mazières le 20 octobre 1986, Maison de retraite des prêtres de Carcassonne.   

                                  Maurice René Mazières (Perpignan 1909 – Carcassonne 1988)

     Après des études à l'Université de Montpellier, il obtint sa licence de philosophie sous la direction du professeur Michel Foucault, futur professeur au collège de France.              Ordonné prêtre en 1935, il est nommé aumônier à Pezens, en 1940, vicaire à Quillan avant d'être nommé curé de Villesèquelande, paroisse qu'il administra jusqu'en 1974, date à laquelle il se retire à la maison de retraite "Béthanie" à Carcassonne, où il décède le 8 avril 1988.
    Membre résidant de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne pendant ving-neuf ans, il en fut le président pendant une année.

    Ses études s'orientèrent surtout sur la présence des Templiers en Haute-Vallée de l'Aude et sur la famille des seigneurs de Voisins, marquis d'Alzau.
    En collaboration avec son ami l'Abbé Bruno de Monts ils produisirent plusieurs articles et fascicules sur l'affaire de Rennes-le-Château.
               
   (© André Galaup)

     L'abbé Antoine Gélis ( 1 er avril 1827- 2  novembre 1897) était natif de Villesèquelande . Après les études primaires, il quitta le village pour le séminaire.
    Le père de l'abbé Gélis était instituteur laïque à Villeséquelande. 

Date de dernière mise à jour : mercredi, 23 Octobre 2013

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