I Des siècles d'histoire I

          Trosième partie        Les Voisins, les Marquefaves et les Hautpoul.

    En 1231, Limoux et le Pays de Razés passèrent entre les mains de Pierre Ier de Voisins, maréchal du seigneur Simon de Montfort, issu d'une noble famille d'Ile-de-France, originaire de Villers-le-Bretonneux, proche de Montfort l'Amaury, qui possède un fief dans la sénéchaussée de Carcassonne et d'autres biens dans les seigneuries  de Razès (Rennes-le-Château-Couiza-le Bézu-Blanchefort- Sougraigne- Belcastel), Arques, Confolens et Limoux). 
   Limoux et la partie du Razès qui avaient fait leur soumission furent confiés à Lambert de Creichi ou Créci, qui prit le nom de Lambert de Limoux, et devint le premier  gouverneur de la seigneurie.
   L’auteur anonyme d'une histoire des Albigeois, nous  fait connaître la nature des pouvoirs qui furent accordés à ce personnage par le chef des Croisés:"Limos, dit le chroniqueur, là ont troineguet un autre valent home et sage de son cartier, appelat Lambert de Creichi, loqual fonc capinani et gouvernando de tota la dita terra et sennoria del dit Limos". (Histoire de Languedoc, t. 5, p. 467).
   Le Comté de Rhedae va dés lors être gouverné par de nouveaux Seigneurs qui par leurs unions matrimoniales vont appartenir à trois grandes familles.
   A sa mort Pierre de Voisins, qui avait épousé Mahaut de Thury, laissera ses terres à ses enfants Guillaume et Gilles 1er, qui se partagèrent la succession.
   Guillaume de Voisins, hérita des seigneuries de Limoux et de Confolens; Gilles Ier de Voisins, eut pour sa part la baronnie d'Arques. La propriété de Rennes revint à Pierre II de voisins, qui, en épousant Jeanne de Voisins, comprenait les terres de Rennes et de Couiza.
    En prenant possession de ces terres du Razès les descendants du compagnon d'armes de Simon de Montfort vont avec les pierres qui servent de carrière  relever l'ancien château wisigothique.
    Pierre Ier de Voisins, épouse Mahaut de Creichi, fille de Lambert de Creichi, seigneur de Limoux qui lui apporte en dot ses droits, qui comprennent les seigneuries de Rennes, le Bézu, Caderone, Couiza , Luc Coustaussa, Montferrand , Arques , Sougraigne, Belcastel, Fourtou, Bugarach, Limoux. Villar, camps et Coufoulens, y compris les villages de Maquens, Roullens et Villalbe.
   Une charte de 1231 dénombre ces terres, comme "villes villages et  châteaux, en tout 16 apanages": le premier : "Villam de Rhedae". Rhedae n'est plus qualifié de "Civitas", ni de "Castrum" mais de "Villa", c'est-à-dire de bourg ou petite ville et évaluée aux prix de Bugarach, un peu au dessus de la valeur de Couiza et de Caderone. Trois localités importantes à cette époque. 
     Pierre II de Voisins (+ avant 1268), épouse Jeanne de Voisins, une de ses cousines de la branche aînée d'Ille de France, (veuve de Gui 1er de Lévis). Jeanne de Voisins s'occupa de ses enfants et prit la direction des biens de la famille. Elle porta le titre de Seigneuresse de Rhedae, tout comme cinq siècles après,  portera sa descendante, Marie de Nègre d'Able.
    Excellent diplomate, Pierre II de Voisins, contrôlait pour le Roi tous les Vassaux du territoire qu'il administrait ainsi que les Abbés, les Prieurs et les Seigneurs soumis à l'autorité Religieuse. Il contrôlait également la frappe légale des monnaies et le taux des alliages. Il avait la Haute Justice sur tous les habitants de son territoire et devait faire exécuter les ordres de réquisition.
   Profitant de son autorité il fit procéder à l'arrestation d'une "parfaite" célèbre, grande militante de l'Hérésie du nom "d'Angèle" du lieu de Labarthe, (commune d'Arques) âgée de soixante ans et que les "francimen" appelaient la Sorcière. Il la fît brûler vive sur la place publique d'Arques.
  Une chronique de 1265 nous rapporte Que : "Pierre de Voisins, Sénéchal, Chevalier, Comte, visite toute sa sénéchaussée aves ses Assesseurs, (juges, prévôté, barons et seigneurs) et punit du dernier supplice plusieurs sorciers et sorcières".
    Le Roi Saint Louis, à qui on avait fait part de ces jugements, douta de la culpabilité des condamnés et en apprenant en particulier l'arrestation d'Angèle, avait ordonné à son Sénéchal, Pierre de Voisins "de ne plus avoir à connaître, lui, le Roi, de ces sortes d'accusations, réservant à ses officiers de Justice la poursuite des .crimes, dits de sorcellerie".
    Pierre II de Voisins mourut en 1268, trois ans après l'exécution d'Angèle, ce qui fit dire aux Albigeois à sa mort "Dieu l'a châtié de ses crimes".

             Famille  de Marquefaves

    En 1371 Jeanne de Voisins, (fille de Guéraud de Voisins) épouse Sicard de Martquefaves, Viconte de Lautrec (issu des barons d'Ambres, eux-mêmes issus des seigneurs de Voisins), qui lui apporte en dot la terre de Rennes réunie par son père et son oncle Jean et rendit hommage pour Rennes, Montferrand, Albeza (Albédune) St Just, Belfort de Voisins, Montassel (Montazels) Dent - Begoric (Bugarach), Villebazy).
    En 1403 Jacques, fils de Sicard de Marquefaves et de Jeanne de Voisins, épouse Jeanne de Montesquieu. Le 14 janvier 1406, Jacques de Marquefaves prête serment de fidélité pour les lieux de Regnes les Bains, Montferand, Albézu.

              Les Hautpoul

   La maison d'Hautpoul est citée par tous les historiens du Languedoc, comme ayant tenu, de toute ancienneté, le rang le plus distingué parmi la haute noblesse de cette province.
  Le premier seigneur d'Hautpoul, fut Bernard-Raymond d'Hautpoul, fils de Raymond d'Hautpoul déjà riche et puissant, qui contribua en 936 avec Pons Ier, comte de Toulouse et Ermengarde, vicomtesse de Béziers à la fondation de l'abbaye de Saint-Pons de Thomières, et qui négocia et souscrit en 960 un traité de paix entre le roi de France et les principaux seigneurs du Languedoc.
    Les premiers faits d'armes débutèrent avec Pierre Raymond Ier,arrière petit-fils de Bernard qui aux côtés du comte  Raymond de Saint-Gilles comte de Toulouse, Roger de Mirapeis et Ramon de l'Ile Jourdan prit part à la première croisade en 1095.
   Tout en haut, prés de Mazamet (Tarn), les ruines de l'ancienne forteresse sur son promontoire dominant un vaste paysage, où jadis s'étendait l'autorité de cette illustre famille dont la vocation militaire fut établie jusqu'au milieu du XIe siècle et ne s'est jamais éteinte.
  Pierre-Raymond d'Hautpoul commanda une partie de l'armée au siège d'Antioche, avec l'aide de Guillaume de Montpellier et fut chargé de défendre l'importante forteresse, appelée "Port de Pierre".
    L'histoire rapporte qu'à la tête de 500 croisés, Pierre Raymond soutint, sous les murs d'Antioche, le choc de 7000 Sarrazins, mais furent bientôt assiégés. Alors qu'ils commençaient à perdre courage ils virent, un prêtre se présenter au comte de Toulouse, qui était accompagné du chevalier d'Hautpoul. S'adressant à eux, le prêtre leur demanda de bien vouloir le suivre. Ils s'exécutent et se dirigèrent vers une église, ils entrèrent, firent quelques pas puis s'arrêtèrent devant le Maître-autel, où, cachée  sous une dalle, le prêtre leur montra une vielle lance et se tournant  vers eux, leur dit:
    "Voilà le fer qui a percé le flanc de Jésus Christ, c'est avec cette arme que vous serez vainqueurs".
    Le chevalier d'Hautpoul se saisit de la lance, la montra aux soldats et ces derniers dans un ultime assaut, repoussèrent les Sarrazins. Certains ont rapporté que ce n'était qu'une légende, mais elle mérite d'être contée. Pour le chevalier d'Hautpoul hélas, elle ne lui porta pas chance. Il fut emporté quelques temps après par la peste.      Devant l'église Saint-Pierre on pouvait voir le tombeau où reposait le brave chevalier Pierre-Raymond d'Hautpoul.
   Les seigneuries possédées par cette maison étaient désignées, en raison de leur importance, sous le nom de pays Hautpoulois.

                 Hautpoul assiégé par les troupes de Montfort

     Le château d'Hautpoul fut assiégé un dimanche, 15 jours avant Pâques de 1212 par Simon de Montfort, qui découvrant cette forteresse considéra ce château et se demanda comment il pourrait le vaincre.
     Si la montagne Noire monte par les gradins de son versant méridional vers le faîte du pic de Nore, elle tombe brusquement au Nord, et sur cet à pic un château inaccessible, à mi-flanc, garde la route Carcassonne-Castres-Hautpoul.
   Voici comment nous le décrit, Guido abbé des Vallées Cernay (Vaux de Cernai), qui a l'habitude de juger les forteresses :"Or était le château fort d'Hautpoul situé sur le point le plus ardu d'une très haute montagne et très escarpée, entre d'énormes roches et presque inaccessibles ; sa force étant telle, ainsi que je l'ai vu de mes yeux et connu par expérience, que si les portes du château eussent été ouvertes, et qu'on eût fait aucune résistance, nul n'ait fait aucune résistance, nul n'aurait pu le parcourir sans difficultés extrême, et atteindre jusqu'à la tour".
    Au quatrième jour, Montfort avait ruiné la place et mis le feu au château.
    Guillaume-Pierre d'Hautpoul, damoiseau-baron d'Hautpoul, seigneur d'Aussillon, Félines, Ventajou, Cassagnoles, qui rend hommage pour ces terres en 1387, et teste en 1396, épouse en première noce Ermessinde en 1372 qui lui donna deux fils. Armand-Raymond et  Auger.
    Armand-Raymond, Coseigneur et baron d'Hautpoul-Roussillon, épouse en 1394 Hélène de Veyrac. Son fils Pierre-Raymond d'Hautpoul, co-seigneur et baron d'Hautpoul Aussillon, seigneur de Félines, échangea ses terres de Félines, Ventajou et Cassagnoles avec son oncle Auger en 1418, contre la moitié avec d'Hautpoul et Aussillon.             C'est avec Auger que va naître la branche des Hautpoul Félines.

 

Date de dernière mise à jour : jeudi, 05 Septembre 2013

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×