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                       Henry-Charles-Etienne Dujardin-Beaumetz

                                                                                                                       L'artiste, le châtelain, le politique.     

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     Henri-Charles-Etienne Dujardin-Beaumetz, est né à Paris le 29 septembre 1852. Son père le docteur Thadée-Urbain-Hippolyte (1801-1862) qui avait épousé en 183O Clémence Le Père, avec qui il eut six enfants, avait rempli lors de la Révolution de 1848, les fonctions de Préfet du Puy de Dôme. 

     Henri-Charles-Etienne n'a que 10 ans lors du décès de son père., Il entre très jeune à l'école des Beaux-Arts ou il fut l’élève de: Louis Roux et du Montpelliérain Alexandre Cabanel. Doté d'un  goût pour le dessin, l’esquisse et mouvement depuis sa plus tendre enfance, il fera honneur à ses maîtres au salon de 1875, où il exposera un tableau: « En reconnaissance à Ville-Evrard, siège de Paris, 1870 » qui attirer'a l'attention du public et lui vaudra de nombreuses félicitations.
    Agé de 18 ans, en 1870, lorsque la guerre éclate, il participe aux combats autour de Paris et se trouve lors du siège de la commune aux côtés du premier secrétaire, le chalabrois : Charles Amouroux. Engagé volontaire, il suit le terrible destin de nos armées ; les visions violentes de batailles, et le manque de clairvoyance des chefs qui conduiront jusqu'à la défaite.
           Etienne Dujardin-Beaumetz peintre
     C’est à cette époque, qu’Etienne choisit son troisième prénom et va produire un grand nombre de toiles. L’histoire militaire de la révolution l’inspire et ses toiles qui représentent pour la plupart des scènes de la vie militaire, lui vaudront d'être appelé « le peintre des soldats »: « Les Premiers coups de canon, Champigny, 30 novembre 1870 »" ; « Les Mobiles évacuant le plateau d’Avron pendant le bombardement » (1876) ; "L’Arrière-garde et l’Infanterie de soutien" ; « En Retraite » (1877) ; « La Prise d’un château » (1879). En 1880, il obtient une médaille et une mention pour son tableau « Le Voilà », dont il donne la mesure de tout son talent et défraie les chroniques des journaux artistiques de l'époque. Ce tableau sera acheté par l’État, pour décorer un des salons du ministère de la Guerre.  En 1881, « Le bataillon des Gravilières part pour la frontière » et en 1882 « L’Attaque du bastion », « Les Libérateurs » (1883), « La Garnison quittant Belfort » et « A Champigny » (1884), « A la baïonnette et la dernière faction » (1885); « Ils ne l'auront pas » (1887); « Salut à la Victoire » (1888). « La Brigade Lapasset brûlant ses drapeaux, Metz  (1882), tableau  empreint d’émotion qui classe définitivement Etienne Dujardin-Beaumetz parmi les meilleurs peintres militaires.

                                                                                  Le château de la Bezole et la famille Petiet
  
   A quelques kilomètres de Limoux, à la limite du partage des eaux, sur une ligne qui de tout temps fut frontière, séparant le diocèse de Toulouse et de Narbonne, les Comtés de Foix et du Razès et aujourd’hui les cantons de Limoux et de Chalabre, la commune de la Bezole, citée dans deux bulles papales de 1119 et de 1162 énumérant les possessions du Monastère d’Alet « Castrum de Vezola cum duabus ecclesiis » : le château fort de la Bezole avec deux églises.  Le château  situé en contre bas de la route qui relie Limoux à Chalabre est la propriété des derniers descendants de la famille Petiet.

     Jean Pierre Bonnet (1749-1793) qui épousa en 1777 Jeanne de Monistrol (1756-1798), eurent une fille  Louise (1780-1856) qui épousa en 1801, le Général, Pierre Claude Petiet (1770-1849). Ils eurent quatre enfants: Edouard (1802-1830) ; Jules (1804-1867) qui fut directeur des contributions, Auguste, (1812-1878), Léopold (1819-1885).
C’est dans la tour la plus haute du château, qu’Auguste et Léopold vont passer de longues journées et parfois, tard dans la nuit, à peindre des copies d’œuvres de grands maîtres.
    Léopold, artiste peintre et poète sera très vite consacré pour son talent dans les salons parisiens.  En 1849 il épouse Marie Maraval et ont une fille Marie  qui naquit à Limoux le 21 juillet 1854. Quelques jours après sa naissance Marie perdit sa mère. Auprès de son père et de son oncle, elle fut à bonne école et créa en 1872, sa première copie « L’autoportrait au chevalet ».
    Léopold, maire de la Bezole en remplacement de son frère Auguste décédé le 16 novembre 1878,  partageait alors son temps entre la Bezole, Limoux et Paris. Il vivait dans un petit Hôtel de l’impasse Herran, au 85 de la rue de la Pompe, un quartier chic, derrière le Palais de Chaillot où Marie  avait aménagé un petit atelier. Afin de parfaire la formation artistique de sa fille, il fit jouer ses relations, et la recommanda à deux maîtres : Hector Leroux  et Jean Jacques Henner, dont elle fréquenta l’atelier de ce dernier de 1878 à 1883.

 atelier-de-marie-petiet.jpg  Après quelques expositions en province, Marie sera classée parmi les portraitistes du XIXe siècle, et présentera ses toiles aux salons de Paris. Jean Jacques Henner, sollicité par Léopold Petiet, intercédera auprès du jury et fera  admettre deux de ses œuvres : « portait de Mlle X et de Rêverie » aux salons de 1878 et 1879.
    Le 14 septembre 1879, Léopold Petiet ouvrait sa galerie de peinture de Limoux et en confiait la surveillance à la Société des Amis des Arts de la région qui venait de se constituer.
    C'est en 1882 qu'il  prend contact avec Etienne Dujardin-Beaumetz, artiste peintre, spécialisé dans les scènes militaires et lui commande le tableau « La Brigade Lapasset brûlant ses drapeaux, Metz 1882», qu’il souhaitait offrir à la ville de Limoux, d’où sont natifs les ancêtres Lapasset, et ainsi immortaliser le Général, héros de la guerre de 187O. C’est au cours de ce contact que Marie rencontra Etienne Dujardin-Beaumetz avec qui elle allait vivre un amour impossible, car son père s’opposa à toute union, réprouvant les idées libérales d’Etienne Dujardin-Beaumetz.
   Le 24 mai 1885 à Paris à l’âge de 65 ans, Léopold Petiet décède. Marie épouse alors Etienne et quelques mois après ils quittent Paris et prennent la succession de la propriété familiale de la Bezole. Etienne, émerveillé  par le calme et la beauté des paysages, est séduit et songe déjà à y finir  ses jours.  Jouissant d’une grande notoriété dans le domaine de l'art, il va s’en détacher provisoirement pour se consacrer à la politique.
                                                                                           

                                                                                Dujardin-Beaumetz  offre le Musée Petiet à la ville de Limoux
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Les années passent, la vie d’artiste de Marie ralentit, elle peint peu et ne participe que très rarement aux salons parisiens. Le 16 avril 1893,  en plein épanouissement de son talent elle décède. De la peinture qui occupa une grande partie de sa courte vie avec une période plus intense entre 1875 et 1885, elle a laissé une œuvre vivante, essentiellement constituée de portraits et de scènes illustrant de manière remarquable ce qu’était la vie quotidienne à la fin du siècle dernier.

    Etienne Dujardin Beaumetz va dés lors réaliser le noble projet que murissait  la famille Petiet. En 1904 il offre à la ville de Limoux l’entière jouissance du musée et les cinq salles ou les collections étaient installées. En 1909, il fait don de l’immeuble familial et contribue à l’acquisition d’une maison qui séparait les galeries. En 1911, la ville décide d’agrandir et de réorganiser son musée municipal qui porte le nom de musée Petiet, qui se situe entre la Promenade du Tivoli et la rue Petiet, anciennement dénommée rue des Vieilles prisons.
                                                                                                                                                                 


                                                      Beaumetz la victoire
 

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Dans le département de l’Aude, le parti républicain se trouve divisé et la génération des quarante-huitards (1848) démobilisée. Dujardin-Beaumetz va faire entendre sa voix et très vite, les radicaux-socialistes du Razès qui voient en lui l'homme de l’espoir vont le suivre et le soutenir dans ses joutes politiques à venir. Il va alors entreprendre une carrière politique, qui débute sur le plan départemental comme conseiller municiopal puis maire et qui s’achèvera en 1912 au gouvernement comme sous-secrétaire d’Etat aux Beaux-arts.
      En  1887, Il se présente aux élections cantonales pour le canton de Limoux et est élu au premier tour. il sera par la suite réélu pour quatre mandats.
     Le 22 septembre 1889, ont lieu les législatives où il se présente face au candidat Fondi de Niort. Il est élu avec  8.574 voix contre 6.778.
Ler 20 août 1893, il conservera son siège  au Palais Bourbon face à Rouquette par 9553 voix contre 3460.
Le 8 mai 1898, sans avoir fait campagne, il est réélu avec 11.016 voix contre Fenouil de Montgaillard 4.629.
Le 27 avril 1902, il, est réélu avec 10.316 voix face à Laffont 2.878. Au cours de cette législature, il est nommé président de la commission d’agriculture de la Chambre et prenant place,il prononce un très beau discours  qui fera le tour de la presse nationale, faisant connaître d’une manière générale ce qu’il convient de faire pour mettre fin à la crise économique qui sévit avec intensité en France. Rien de nouveau sous le soleil !..
                                                                                                                         
                                                                                                   Dujardin-Beaumetz Sous-secrétaire d'Etat

    En janvier 1905, Dujardin-Beaumetz est nommé, sous le ministère Rouvier, Sous-secrétaire d’État chargé des Beaux-arts, fonction qu’il assumera sous les ministères de Sarrien, Clemenceau jusqu’au 14 janvier 1912. Dujardin-Beaumetz est un homme qui aime le contact, les fêtes et les banquets, la visite des expositions, et est un fin orateur.  Il va s’employer à réorganiser les musées et le Conservatoire de musique, tout en restant bienveillant pour les artistes indépendants et les artistes malchanceux.
                                                                                                         La révolte des vignerons en 1907
    Aux élections législatives du 6 mai 1906, sur 13929 votants Dujardin-Beaumetz  obtient 9638 voix alors que le vigneron Guinot  ne récolte que 565 voix, qui vont devenir les voix de la révolte.
     Le 25 octobre 1906 le Gouvernement Clémenceau est mis en place. Entrent dans ce gouvernement: Albert Sarraut, député de l'Aude, nommé Sous secrétaire d'état à l'intérieur et  Henry Dujardin-Beaumetz nommé Sous-secrétaire d'état aux Beaux Art et culture. Dujardin-Beaumetz va s’associer à toutes les mesures prises par le Gouvernement pour assurer l’ordre public et notamment en mars 1907, lorsque de graves mouvements de révolte éclatent dans le Languedoc.  Deux maladies de la vigne sont à l'origine de la chute des cours du vin: l'oïdium apparu en 1857; et le phylloxéra  en 1882 et en 1895.
    A la mi-juin, le climat est très tendu, les vignerons ruinés par la mévente de leur vin refusent de payer l'impôt, l'affrontement est inévitable; de nombreux Conseillers municipaux démissionnent; la préfecture de Narbonne est dévastée. La présidence et les ministères sont régulièrement informés par le préfet qui suit  les évènements grâce aux sous-préfets et commissaires de police.
    Le 17 juin, le gouvernement prend la décision d'arrêter les principaux meneurs.  A leur tête  se trouve un petit propriétaire d'Argeliers qui est aussi cafetier : Marcelin Albert .
Le Général Picquart envoie le même jour, un télégramme au général Bailloud, pour marcher sur les insurgés. Le 18, c'est le Sous-Prefet de Limoux, qui demande en renfort tous les gendarmes de l'arrondissement. Le 19, à la suite de l'arrestation des leaders, c'est l'affrontement où on déplore 6 morts et se poursuivra les 20 et 21 fesant de très nombreuses  victimes. Albert Sarraut Sous-secrétaire d'état à l'intérieur démissionne le 18. Le 20 il est remplacé par Adolphe Maurian. Le préfet et les sous-préfets de Limoux et Narbonne, jugés incapables de gérer la crise sont limogés.        Dujardin-Beaumetz qui est en accord avec Clémenceau, ne cautionne pas le peuple qui l'a mis au pouvoir, cela lui sera reproché jusqu'à la fin de sa vie et il va terriblement en souffrir, lui qui consacre toute sa carrière politique au développement et à l’épanouissement des arts. 
.     Malgré cela, Dujardin-Beaumetz sera à nouveau réélu aux élections générales du 24 avril 1910 au premier tour de scrutin avec 9221 voix contre 3857 à Bézard de Chalabre. Pour la première fois de sa carrière politique, lui,  qui durant 20 ans fut élu sans souci et sans propagande, va faire campagne. Il est vrai que le contexte n'est pas le même. Tout d'abord, il a pris position contre les vignerons et les ouvriers d'Espéraza. Les électeurs qui écoutaient religieusement ses discours,  sifflent, et crient des insultes dés qu'il parle. A certaines réunions il sera même obligé de quitter la salle sous les huées et terminer ses réunions dans les cafés.
     Cette année là, 35 862 voix se sont prononcées contre le gouvernement et 40063 ont souscrit à sa politique. C'est une défaite cuisante pour les Républicains, les candidats gouvernementaux voient diminuer le nombre de leurs suffrages.  Le 3 novembre 1910 le cabinet de Briand se succède à lui-même. Le 2 mars 1911, Beaumetz est dans le cabinet de Monis et le 27 juin 1911 dans celui de Caillaux.
                                                                                                                                   La Tendresse Humaine
      Durant ses fonctions au Sous-secrétariat d’Etat des Beaux-Arts, Etienne Dujardin-Beaumetz fera  attribuer à la ville de Limoux  de nombreuses estampes, des tableaux, ainsi que des bronzes ou fontes d’art, dont la plupart ignorées ou négligées, présentent par leur rareté un réel intérêt et ornent les murs de la Sous-préfecture, Mairie et autres édifices publics.
En 1906, il propose  à son Ministère de l’Instruction publique et des Beaux Arts d’attribuer à titre de dépôt pour la décoration d’une place publique, un groupe en bronze, de 2 m de hauteur, 0,97 m de largeur et 0,91 m d’épaisseur «  La tendresse humaine», parfois appelée « la Maternité » ou « La charité humaine », œuvre du sculpteur parisien, Vital Cornu, né le 17 avril 1851, élève des maîtres Delaplanche , et Joffroy, qui reçut la médaille de bronze au Grand Salon de 1889, et fut fait Chevalier de la Légion d’honneur .
     Le 10 mars 1906, le Préfet de l’Aude est informé par courrier que l’ouvrage demandé et  prêté à la ville de Limoux, sera livré au mois de mai 1906. La ville, selon l’usage devra acquitter, contre remboursement, les frais d’emballage et de transport. Le groupe est livré et restera durant quelques mois dans sa caisse. En 1911, les élections municipales sont proches, le conseil municipal décide d’ériger sur la Promenade des Marronniers, côté porte Jean Jaurès un socle ou sera érigée la statue. Les travaux terminés, la date d’inauguration est fixée.
Le 21 août 1911, Dujardin-Beaumez est informé par M. Georges Bénédite, Conservateur des Antiquités du Musée du Louvre du vol de la « Joconde », le célèbre  tableau de Léonard de Vinci. Cette disparition lui vaut des critiques et l’attriste, d’autant qu’il n’avait cessé de protester contre l’insuffisance du gardiennage du musée du Louvre et même, s’il n’est en rien responsable, ses adversaires politiques ne vont pas manquer de chercher par tous les moyens à lui imputer une certaine complicité, afin de porter préjudice  à sa carrière d’Homme d’Etat. L’affaire sera tout de même élucidée en 1913, mais elle vaudra à ses partisans, le surnom de « Joconds , et à Dujardin-Beaumetz,  « La Joconde », comme l’œuvre qu’il avait fait attribuer à la ville. Ces incidents passés, le dimanche 10 septembre 1911, face à plusieurs milliers de personnes, le Sous-secrétaire d’Etat Dujardin-Beaumetz, député de la circonscription de Limoux, descendu de Paris, et entouré des parlementaires régionaux, et de la musique du 143 e régiment d’infanterie,  inaugure le monument.

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                                                                                                                   Une nuit de troubles
                                                                                 Les électeurs de Védrines saccagent la Sous-préfecture
    Le 1 mars 1912, les élections législatives, vont s’accompagner de troubles très graves. Dujardin-Beaumetz qui cédait son fauteuil à l’Assemblée, avait choisi pour successeur Jean Bonnail, qui sera élu face au célèbre aviateur Jules Védrines.

Voici dans le moindre détail, l’émeute qui s’en suivit après le dépouillement, et que nous rapporte le 19 mars dans ses colonnes le Journal « La Patrie ». 
img-beaumetz023-1.jpg« Limoux le 18 mars

Védrines a été battu, mais ceux qui avaient voté pour lui n’ont pas digéré son échec. A deux heures du matin, une foule évaluée à deux mille personnes était encore passée devant- la sous-préfecture menaçante, jurant que personne ne sortirait. Les assiégés attendaient avec impatience l’arrivée de l’escadron envoyé de Carcassonne. Les cavaliers firent leur entrée dans Limoux un peu après trois heures et demie du matin .Il était malheureusement trop tard ! A deux heures et demie, forçant les grilles, les manifestants avaient réussi à pénétrer dans la cour de la sous-préfecture. Là, Védrines, qui les avait surpris, les harangua, leur recommandant galamment de ne pas crier trop fort pour ne pas troubler le sommeil ; de la sous-préfète. Mais la sous-préfète n’avait pas envie de dormir. Elle partageait l’inquiétude de tous les hôtes coutumiers ou imprévus de la soussous-préfecture. Cette inquiétude était justifiée. Tout à coup, de la foule des manifestants une voix monta, déclarant qu’il fallait venger Védrines et s’emparer, pour le « rosser »de Bonnail. Les têtes étaient échauffées. La proposition reçut un accueil enthousiasme. Malgré les efforts des gendarmes, trop peu nombreux , qui essayaient de leur barrer la route, les partisans de Védrines, auxquels s’étaient mêles des individus d’allures louche, firent irruption dans la sous-préfecture et se répartirent à travers les pièces au chant de « l’Internationale », ils commirent des dégradations.
     Une statue, la « Maternité » plus grande que nature, fut renversée et traînée à l’aide de fortes cordes jusqu’au bord de l’Aude où elle fut précipitée. Cependant, Védrines que finissaient par désoler les progrès d’une popularité aboutissant à de tels excès essayait de calmer la fureur de ses électeurs. Voyant qu’il perdait son temps et sa peine, il haussa les épaules et, tranquillement, quitta la sous-préfecture. A ce moment, l’escadron de dragons arrivait au grand trot. Les cavaliers mirent pied à terre et pénétrèrent à leur tour dans l’édifice gouvernemental où, joignant leurs efforts à ceux des gendarmes, ils entreprirent, de pièce en pièce, la chasse des manifestants qu’ils finirent par déloger ».
 img-beaumetz005-1.jpg  La « Tendresse Humaine », va stagner sous trois mètres d’eau et sera très vite recouverte d’immondices.

Le 16 Juin 1912, le Ministre de l’Intérieur prie le préfet de l’Aude de bien vouloir l'informer d'éventuelles manifestations et demande à ce que tout soit fait pour sauvegarder ce prêt de l’Etat.
   Les courriers s’enchaînent et sont sans réponse concernant le repêchage de l’œuvre. Une équipe d’employés municipaux est chargée de dégager le socle toujours en place sur la promenade des Marronniers. Les mois ont passé et la « Tendresse Humaine », alias la Joconde, ne sera mise à l’abri que le 26 février 1913. Déposée dans un wagon de messagerie, gardé par quatre gendarmes, baïonnette au canon, dans l’attente du train qui la conduira à Carcassonne sous bonne escorte pour être déposée derrière les murs du jardin de la Préfecture.
    Le maire de Brest ayant exprimé le désir de se voir attribuer une statue en bronze pour décorer la Place de la Tour d’Auvergne, le Sous-secrétariat aux Beaux Arts peut lui donner satisfaction et lui propose le 12 mars, de recevoir une statue de Vital-Cornu qui se trouve à Limoux. La Tendresse Humaine figure à l’exposition industrielle et commerciale de Brest en octobre 1913 et par la suite,  est transférée  au square de la Tour d’Auvergne. Une triste fin l’attend en 1942, lorsque les troupes allemandes l’envoient à la fonte.
                                                                                                                
                                                                                        Une carrière politique bien remplie

gisant-3-1.jpg    Durant sa carrière politique, Henri-Charles-Etienne Dujardin-Beaumetz a occupé de nombreux postes et mandats électoraux sur le plan départemental et
 au Gouvernement.  A l’homme politique on se doit d’ajouter son œuvre littéraire, que nous fait découvrir après sa mort, son frère François et qui renferme ses  Entretiens avec Rodin, à qui il témoignait une grande admiration ses « Discours de 1905 à 1912 », écrits dans une langue parfaite. Il a également écrit des « Contes » et essais philosophiques qui sont restés inédits.

Henri-Charles-Etienne Dujardin-Beaumetz décède au château de La Bezole, le 27 septembre 1913. Il repose auprès de son épouse décédée en 1893, dans le tombeau dont il avait lui-même conçu le modèle et confié l’exécution au sculpteur Colin. Le Sous-secrétariat d'état des Beaux Arts est mis en sommeil et sera reconstitué par le Président Charles de Gaule qui ouvrira un ministère de la culture.
La Joconde, volée sous son ministère, par l’Italien Vincenzo Perugia, sera retrouvée le 11 décembre 1913, quelques semaines seulement après le décès d’Henri Charles Etienne Dujardin-Beaumetz qui avait tant souffert de sa disparition.

                                                                                                                                      


                   L'glise de la Bezole

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     Des stations du chemin de croix sont peintes par Marie Petiet

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                              Textes et photos, Copyright André GALAUP

      

Date de dernière mise à jour : mercredi, 10 Juillet 2013

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