I Notre Dame de Marceille I


            Moines alchimistes de l'abbaye de Boulbonne

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 article-boubonne.jpg      C'est vers les années 1339 que les premières rumeurs commencèrent a se répandre en Languedoc sur la présence d'un trésor caché dans les montagnes proches de Limoux.
     "Quatre moines de l'abbaye de Boulbonne, Raymond Fenouil, Armand Gifre, Bernard Aynier et Bertrand Cahuzac s'ennuient dans leur cloître. Le monde qu'ils ont quitté offre plus d'attrait. Ils sont naïfs et curieux, cupides et affamés de richesses.Ils sont superstitieux, croient à l'alchimie, à l'envoûtement , à  la sorcellerie. Ils rêvent de lingots d'or caché, de cavernes enchantées, recelant de richesses immenses.
     Un clerc de Rieux, Guillaume Mosset leur complice leur apprend qu'il y a près de Limoux, une montagne mystérieuse qui recouvre un trésor "infini" gardé par une fée dans une caverne enchantée. Il s'agit de découvrir la cachette et s'emparer du magot.
Dans un rendez-vous clandestin à la porte du monastère, on se concerte en s'engageant sur sa tête à ne jamais souffler mot de la chose.
    On convient de se procurer une statuette de cire, faite à l'image de la fée receleuse. On la baptisera et on la forcera à parler  en la poignant à l'endroit du coeur. Elle dévoilera le secret de la grotte. Le complot est en bonne voie. Guillaume de Mosset fait l'acquisition de la poulée. Piierre Garaud, bourgeois de Pamiers la cache pendant quelques temps chez lui. Raymond Fenouil va l'y prendre et la porte dans l'église du monastère et la dépose sur l'autel de la sainte -Catherine ou l'on célèbre tous les jours plusieurs messes. Chose étrange, nul ne l'y découvre ou ne soupçonne l'usage sacrilège auquel on la destine. Raymond Fenouil tente de la baptiser. Un ami de Bernard Aynie, clerc de l'église de  Montaut, lui prête le rituel des baptêmes, mais refuse catégoriquement de livrer le saint-chrême indispensable aux onctions liturgiques. C'est obstacle imprévu et paraît-il insurmontable. Le moine Raymond découragé rapporte le voûlt chez Pierre Garaud de Pamiers. Guillaume de Mosset commet l'imprudence de demander devant ce dernier, a son complice si le rite est accompli. Tout est perdu, Garaud évente l'affaire et remet à l'abbé de Boulbonne, Durand, le coffret contenant l'image de cire et neuf aiguilles pour la poindre. 
    Les minutes du procès, dont le Pape Benoît XII  veillera avec un zèle tout particulier font état que les quatre moines ont été condamnés pour pratique à caractère magique au "mur le plus strict" avec comme seule consolation le "pain d'affiction et l'eau de la miséricorde". 
      Si intransigeant lorsqu'il s'agissait de sorcellerie, "Benoît XII", l'ancien inquisiteur de Pamiers et grand pourfendeur d'hérétiques, si sourcilleux sur les points du dogme et les pratiques magiques, était beaucoup moins intolérant devant les écarts de sa propre famille.  En 134O, son propre neveu, Guilhem Catala, fut pris en flagrant délit par les agents de la sénéchaussée royale dans le château du Bézu, situé seulement a quelques portées de flèches de Rennes-le-Château, alors qu'en compagnie d'un autre chevalier, Pierre de Palajan de Coustaussa, il fabriquait de la fausse monnaie.   Le couple sera absout quatre ans plus tard. On s'est toujours posé la question de savoir d'ou provenait l'or dont ils frappaient monnaie?

   Document extrait de "L'Ariège, Pays de Foix, Couserans, Donnazan, Mirepoix" publié en 1914 sous la plume de Philippe Morard, professeur au lycée de Foix et Edmond Pélissier , archiviste de l'Ariège. Ces deux érudits ayant repris ces lignes d'un ouvrage intitulé "Moines alchimistes de l'abbaye de Boulbonne" de l'abbé J.M. Vidal.

      

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     Vu du côté de la montagne, où était anciennement bâtie la ville de RHEDA, Limoux présente l'aspect le plus riant et le plus pittoresque; de cette montagne, la vue s'étend avec délice sur une belle vallée arrosée par l'Aude et bordée à l'horizon par la masse des montagnes. Au nord Limoux qui se développe sur les deux rives de l'Aude. Nous devons ce tableau à l'habile crayon de M. ROUX.

(Photo d'un cadre accroché dans la galerie de Notre Dame de l'Abbaye à Carcassonne) - Copyright A.Galaup 1980 – Article Journal Midi-Libre

     

    Je ne  tirerai aucune conclusion sur la position de Rheda en des temps très reculés, mais simplement je constate que certains auteurs …
    Aujourd'hui encore, l'affaire de Rennes-le-Château et de son célèbre curé nous fait toucher du doigt comment un simple mot  ou une phrase peuvent changer le cours de l'histoire.

       Lorsqu'on évoque l’affaire de Rennes-le-Château, l'ouvrage de base  pour nombre d’auteurs:   les écrits de l’historien local Louis Fédié, un passionné d'histoire locale, Membre de la Société des Arts  et Sciences de Carcassonne, conseiller général de l'Aude, qui a  la fin du XIX e siècle a fouillé les archives du passé où Romains, Wisigoths, Celtes, Barbares et autres peuplades étaient en quête d'aventure et de possessions.
    En 1880, Louis Fédié, publie "le Comté du Razés et le diocèse d'Alet – Notices historiques". édité par  Lajoux frères, Libraires-Editeurs, Rue des Carmes au N° 18 à Carcassonne.  (uvrage de référence,  Fédié nous donne beaucoup de détails, mais  hélas, comme bien souvent dans ces ouvrages il ne prend le soin de nous indiquer les références. Son livre n'en contient presque aucune, ce qui est regrettable à plus d'un titre puisque cette lacune enlève à son ouvrage la valeur historique qu'il pourrait avoir. Ces affirmations peuvent être contestables).

    Après lecture , tout aurait pu être dit et écrit si la fièvre du mystère ne s'était emparée de  cette région. Quelques années après la parution , arrive à Rennes-le-Château un jeune prêtre, Bérenger Saunière. Enfant du pays, durant les premières années de son ministère il va réaliser de belles actions et notamment la restauration  de l'ancienne église paroissiale qui est en bien triste état. Comme ces peuplades anciennes avides de pouvoir et en quête de possessions qui ont fait couler le sang, le jeune prêtre, a, lui aussi des envies de pouvoir  mais  sans "guerroyer", Il  va bâtir ce qui deviendra son domaine. Trente années ont passé, Saunière  quitte ce monde. Plusieurs décennies passent et l'on aurait pu penser que tous les événements d'ordre religieux étaient oubliés et que cette petite bourgade avait enfin retrouvé le calme et la sérénité. Mais voilà qu'une horde de gens armés de stylos, prennent alors possession du lieu. 
    Près de cinq cent ouvrages ont écrit une suite!

      MAIS QUE NOUS DISaiENT D'AUTRES AUTEURS A L'EPOQUE?

     Loin de moi l'idée de vouloir engager une quelconque  polémique, mais à la lecture de livres et documernts anciens, voici comment de grands auteurs, un siècle avant et après Fédié nous décrivent l'histoire du "Conté du Razès", de l'origine de "Rheda" et de "Limoux capitale du Razés".          

       -"Histoire générale de Languedoc" de Dom Claude de Vic et Dom Joseph Vaissette;  tome II –chaptitre VII –" Origine des comtez de razes et de fenouilledes" il est écrit:
     "Les anciens monuments  nous apprennent que dés la fin du VIII siècle et au commencement du IX. le diocèse d'Elne étoit partagé en deux comtes, de Roussillon et de Conflans, et que les comtez de Razes et de Fenoüillèdes qui furent démembréz de celui de Narbonne ou de l'ancien diocèse de cette ville, subsistoient alors.  L'ancien comté de Razez (Redensis) tiroit son nom d'un château du pays appelé Redas, lequel ne subsiste plus. Il s'étendoit sur tout ce qu'on appelle encore aujourd'hui le Razez ou officialité de Limoux qui dépend pour le spirituel du diocèse de Narbonne, et sur une partie de celui d'Alet dont le reste étoit compris dans le comté ou pays de Fenoüillèdes"……

           ……Les Archevêques de Narbonne tiennent actuellement un official ou vice-gérant à Limoux capitale du Razez pour le jugement des affaires ecclésiastiques de ce pays qui pour le temporel fait un diocèse particulier. il est joint pour les contributions et la députation pour les Etats avec celui d'Alet."

            - En juin de la III e année de son règne Carloman confirma des possessions accordées à l'église de Narbonne  et autres droits domaniaux des comtez de Narbonne et de Razez, à quoi il ajouta plusieurs villages, entr'autres celui de Limoux qui est devenu depuis la capitale du Razez, et une des plus considérables de la province, plus importante que la ville d'Arles.

             - Charlemagne pour rendre la Justice dans la Septimanie en 798 envoya Leydrade archevêque de Lyon et Théodulphe évêque d'Orléans.

 Theodulphe dans le récit de son voyage après la visite de nombreuses villes et après Narbonne fait l'éloge de cette ville  et se loue extrèmement de l'accueil que lui firent les habitans qu'il appelle ses parens (Consanguineos)/ Le prélat alla ensuite de cette ville avec ses collègues à Carcassonne, et de cette dernière à celle de Razes ((Redea) qui a donne son nom à une portion du diocèse de Narbonne, mais qui ne subsiste plus à présent. De la ville de Razez les envoiez retournèrent à Narbonne où ils tinrent le plaid (Placinum) ou assemblée générale de la province.

 - En 1741- Histoire ecclésiastique et civile de la ville et diocèse de Carcassonne, avec pièces justificatives et une notice ancienne et moderne de ce diocèse par le R.P Bouges, religieux des grands Augustins de la Province de Toulouse:

            " …..A la mort d'Arnaud, Comte de Carcassonne, on donna à Roger son fils aîné le Comté de Carcassonne, et à Otton son second fils le Comté de Razès, qui devint par la suite l'apanage ordinaire des cadets de Carcassonne, avec cette réservation, que si le Comte de Razès venait à mourir sans enfants légitimes, cette comté devait revenir au Comte de Carcassonne; comme il arriva à l'égard d'Arnaud, fils du même Otton, lequel étant mort sans enfants, cette Comté fur réunie à celle de Carcassonne.

On a déjà vu qu'un ancien château  appelé REDAS, a donné le nom de cette Comté, et qu'on peut conjecturer que le Château de Rénes, qui subsiste encore aujourd'hui, éloigné d'environ deux lieues de la Ville de Limoux est cet ancien Château de Rédas. Il est situé sur une montagne, dont les avenues sont très difficiles, et si son nom ne diffère que par la seule lettre D, changée par succession de temps, en la lettre N.

    La ville de Limoux, qui est maintenant capitale du Razés, était à la vérité un ancien Château que les Comtes de Carcassonne élevèrent dans la suite à la dignité de Ville. Mais les anciens actes qui parlent de ces deux Châteaux, donnent toujours à celui-ci le nom de Limos et à l'autre celui de Redas, ce qui suffit pour croire que ces deux lieux n'ont jamais été le même.

      -1830- …Rhedae, l'ancienne capitale des Wisigoths, ne se trouvait certainement pas à l'emplacement de Rennes-le-Château, mais à quelques kilomètres de là, au "Château des Templiers", ou encore "les Tiplièsè, à deux   kilomètres environ de Saint-Just-du Bézu. Telle est la conviction de Monsieur Fernand Niel, auteur de plusieurs  ouvrages sur le catharisme et sur Montségur. A Rennes-le-Château fait observer M. Niel, il est difficile de découvrir quoi que ce soit qui fasse songer aux restes d'une ancienne capitale. Rennes antique se situait au château du Bézu, appelé en 1830 "Château d'albedum"

      -1830 -"Histoire Nationale ou Dictionnaire Géographique de toutes les communes du département de l'Aude"  chez Firmin-Didot frères, rue Jacob, N°24, éditeurs à Paris – Arnaud, libraire à Carcassonne et Delsol fils, libraire à Narbonne  Les auteurs, MM Girault de Saint-Fargeau,  Berthomieu et Tournal fils, de Narbonne".

    "….Il est fait mention pour la première fois de Limoux, en 854, dans un diplôme de Charles-le Chauve, en faveur d'Anna, abbé de Saint-Hilaire au diocèse de Carcassonne. Cependant quelques auteurs assurent que cette ville existait du temps de Jules-César, et qu'elle était défendue par un château appelé RHEDA.

Le Razés, dont Limoux était la capitale, fut autrefois l'apanage des cadets de la maison de Carcassonne. Son nom vient de l'ancien  château appelé RHEDA, qui n'existe plus maintenant. Le comté de Razés comprenait le Capcir et le Donazan; il fut donné, ainsi que Carcassonne, à Bernard, comte de Toulouse par Charles-le-Chauve.

      En 1209, après la prise de Carcassonne, Limoux se soumit à Simon de Montfort, qui en fit raser le château. En 1218, après la mort de Simon de Montfort, les habitants de plusieurs villes qui avaient été soumises à ce dernier, écrivirent à Armaury, son fils, pour lui donner des marques de leur fidélité.
     On assure que ce comte, en reconnaissance de l'affection que les habitants de Limoux lui témoignèrent en cette occasion, l'érigea en ville, de simple château qu'il était auparavant. C'est depuis lors que Limoux devint la capitale du Razés. Armaury fonda dans cette ville le couvent des religieux de la Trinité, il y fit aussi plusieurs autres fondations pour le repos de l'âme de son père, qui en avait grand besoin.

      Les Archevêques de Narbonne  prirent le titre de archiepiscopus Narbonensis et Redensis; ce titre était motivé par la possession du Pays de Razés, qui leur avait été accordé par un concile tenu à Narbonne.

      Le Pape Jean XXII érigea la ville de Limoux en évêché; mais, à la sollicitation des évêques de Narbonne, le siège fut transféré à Alet. Les habitants de Limoux se déclarèrent d'abord contre les Albigeois; mais ils se joignirent ensuite à eux, et les favorisèrent de tous leurs moyens, conduite qui les fit excommunier au son des cloches et à l'extinction des cierges, lors du concile tenu à Narbonne, en 1226.

      A la suite des troubles de religion et des guerres du comte de Toulouse, la ville de Limoux, qui était auparavant située sur une colline, fut détruite par ordre du Roi de France, et rebâtie dans la plaine.

      Elle prit part, en 1305, au complot qu'avaient formé les consuls de Carcassonne, pour livrer ces deux villes à l'infant de Majorque. Quarante de ses principaux habitants furent pendus, la veille de la Saint-André, " a cause, dit-on, de la trahison à laquelle ils avaient consenti contre le roi de France, ayant voulu livrer le pays à une autre roi"

      La ville de Limoux fut condamnée à une grosse amende, et privée de consulat. Elle obtint, en 1347, la permission de rétablir ses fortifications pour se défendre contre les préparatifs d'invasion, dont les Anglais menaçaient tout le Languedoc.

     En 1574, Limoux alors au pouvoir des religionnaires, fut assiégée par le maréchal de Mirepoix, qui battit la place en brèche avec 16 pièces d'artillerie. Après deux assauts successifs, où les assièges furent repoussés, ils en tentèrent un troisième qui leur réussit. Un habitant de Limoux, de concert avec eux, les introduisit dans la ville, dont ils se rendirent maîtres, et qu'ils livrèrent au pillage. Les catholiques y firent un grand butin et y commirent bien des horreurs.

     Sous Henri III, le domaine de Limoux appartenait au duc de Joyeuse, qui convoqua dans cette ville, en 1558, les Etats de la province.

      En 1596, Limoux renonça au parti de la Ligue et se soumit à Henri IV."

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       Quelques documents consultés.

L'abbaye de Boulbonne

L'abbaye bénédictine de Boulbonne fut fondée en 1229 à  Mazères par le Comte Roger III, et peuplée par Saint-Michel de Cuxa. En 1150, les moines furent remplacés par des cisterciens de Bonnefont. Les Comtes de Foix lui donnèrent de vastes étendues de forêts et de terres (Tramezayges, Bonrepos, Mazères) Bourbonne devint à cette époque une abbaye riche et puissante.
En 1219, avant la bataille de Muret, Simon de Montfort vint y faire bénir son épée. Boulbonne fonda alors le collège de Toulouse (ou collège de Boulbonne)  et c'est là que de 1334 à 1342, fut instruit Jacques Fournier, qui devint par la suite le pape Benoît XII.
Le rôle de cette abbaye fut brillant jusqu'aux guerres de religion, mais les Huguenots  la pillèrent de fond en comble et y mirent le feu en 1567. Les moines se réfugièrent alors à Toulouse dans un immeuble de la rue de la Boulbonne. Après 85 années passées à Toulouse, les moines entreprirent en 1632 la reconstruction de leur nouvelle abbaye au confluent de l'Ariège et de l'Hers à Cintegabelle. En 1742 l'abbaye comptait trois ailes de bâtiments conventuels. A la révolution, ces bâtiments tombèrent en ruine et furent partiellement démolis en commençant par l'église. En 1842 une famille acheta les restes et fit procéder à sa destruction définitive. Du premier monastère à Mazères il ne subsiste que de rares vestiges. L'église de Cintegabelle a recueilli une grande partie du  mobilier du  XVII et XVIII e siècle. C'est bien peu compte tenu des richesses que possédait cette abbaye, forte de nombreux dons de seigneurs de la région.

 

 

Date de dernière mise à jour : jeudi, 21 Mars 2013

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