I  Procès Saunière I

                 Deuxième jugement

  Le 20 juillet 1910

   Bérenger Saunière, explique à son Evêque les raisons pour lesquelles il ne peut se présenter devant le tribunal de l'officialité et propose comme avocat choisi parmi le clergé l'abbé Molinier, curé doyen d'Azille et Monsieur Mis résidant à Limoux.

Le 24 juillet 1910 M. Louis MIS, docteur en droit avocat à Limoux accepte de prendre la défense de l'abbé Bérenger Saunière.

Le 31 juillet 1910

M.Cantegril Vicaire Général informe l'abbé Bérenger Saunière, que Monseigneur lui accorde la "restitutio in intégrum" c'est-à-dire que la cause soit reprise comme s'il n'y avait eu de jugement.
L'Evêché agrée Monsieur Mis comme avocat.      

Le 17 août, l'abbé Saunière sollicite de l'officialité un report d'audience afin que son avocat puisse prendre connaissance du dossier.
Le report d'audience lui est accordé 

Evêché de Carcassonne le 17 août 1910

 Monsieur l'abbé
Monseigneur l'Evêque m'informe qu'il consent à remettre votre affaire au 15 octobre à 2 heures du soir. Je m'empresse de vous transmettre cette décision afin que vous en avisiez sans retard M. Mis. 
Recevez Monsieur l'abbé, l'assurance de mes sentiments dévoués en NS. 
Signé Cantegril

 Suivant les conseils de son ami l'abbé Grassaud, curé de Saint Paul de Fenouillet, l'abbé Saunière va faire appel à Monsieur le Docteur Huguet, curé d'Espiens, diocèse d'Agen, pour continuer à plaider son affaire tant à l'officialité de Carcassonne qu'en cour de Rome.

lettre-mis.jpg  lettre-mis2.jpg      L'abbé Saunière  informe  Monsieur Mis:

     " Monsieur,
Je remercie le ciel que ma cause dont le renvoi au 15 octobre devait vous être utile et agréable en même temps, n'ait pas été plaidée comme s'était arrêté le 23 août dernier, car la divine providence vient de mettre sur mes pas et me faire la connaissance d'un prêtre éminemment distingué par son savoir et son éloquence, un ancien professeur de l'université de Paris, curé d'Espiens par Nérac (Lot et Garonne).
Ce monsieur dont le rôle principal est de prendre la défense de tous ses confrères ou autres devant les tribunaux ecclésiastiques et en cour de Rome, acceptera, j'aime à le croire de remplir la fonction d'avocat dont vous vous étiez d'abord chargé sur mes désirs et en cela plutôt que de  lui en vouloir, nous aurions à lui être reconnaissants car mon cas n'ayant rien de civil, mais relevant exclusivement de la théologie, du droit Canon et de la conscience il sera plus compétent pour le traiter et pour le mener à bonne fin.
Tout en vous remerciant du zèle et du dévouement que vous vous étiez chargé….. Veuillez accepter…..
                                  Signé Bérenger Saunière.

          Le 6 septembre 1910, le curé Huguet répond à Saunière

  Natif de Barbaste dans le Lot et Garonne, le Docteur Jean Huguet  fut curé d'Espiens diocèse d'Agen de 1890 à 1927. Il est décédé à l'âge de 62 ans le 3janvier 1927. 
Docteur en théologie et droit canonique, postulateur de la cause de Pellevoisin devant le Saint Office. Orateur hors pair et avocat fort estimé. On se déplaçait de très loin pour venir écouter ses sermons et prendre conseil auprès de lui tant son jugement était sûr. Son audience et son autorité étaient fort redoutées des juges ecclésiastiques.
   Dans sa  lettre, l'abbé Huguet, informe Saunière de toutes les formalités préalables et frais engendrés par les très nombreux déplacements qu'il aura à effectuer à Rome, et précise qu'il n'est pas dans ses habitudes de demander des honoraires aux ecclésiastiques.
"Je ne saurai rester sourd à votre cri de détresse, je ne veux pas d'avantage demeurer insensible à vos ennuis……J'accepte donc la qualité de défenseur que vous me proposez.
   Adieu cher confrère, avec l'assurance de mes sentiments tout dévoué. 
                     Signé J. Huguet.

Le 12 septembre 1910, l'abbé Gazel, ami de Saunière, lui écrit pour le féliciter de son choix
"Le conseil fourni, par notre ami, est excellent (l'abbé Gazel parle de l'Abbé Grassaud) pour défendre une cause théologique ou canonique, il faut être versé dans la connaissance de ces diverses sciences.
Maître Mis peut-être fort en droit civil mais ignore absolument ces deux branches et forcément il se serait trouvé en face de difficultés insurmontables et son plaidoyer, quelque peu éloquent qu'il fut, n'aurait pas obtenu le but que tu désires….

Le 5 octobre 1910, l'abbé Huguet demande à l'abbé Saunière de lui adresser les plus rapidement possible quelques renseignements susceptibles de l'aider à rédiger un mémoire.
En fin de courrier l'abbé Huguet lui demande:
"….afin de bien établir la situation, je désirerais savoir le nombre de messes que vous avez confié à des confrères, peu importent les reçus; donnez moi seulement les noms et les chiffres approximatifs…."

Le 15 octobre 1910, à deux heures de l'après midi, le tribunal s'est réuni, Monsieur Bérenger Saunière n'a pas  paru à la barre, mais, s'était fait représenter par M. Huguet.
Lecture faite des diverses pièces du dossier et lecture du réquisitoire établissant contre Saunière:
1° Le trafic de messes
2° la désobéissance à son Evêque
30° des dépenses exagérées et non justifiées.
  L'avocat s'est efforcé dans sa plaidoirie de renverser les arguments de l'accusation en établissant qu'il n'y avait pas eu trafic de messes, de désobéissance à son Evêque et que les dépenses faites ont été couvertes par des dons particuliers pour une bonne œuvre.
L'avocat a déposé un mémoire entre les mains de l'Official et celui-ci a déclaré que le jugement serait rendu à une date ultérieure et que M. Saunière serait cité pour entendre la sentence.
                        La séance est levée.

Le 29 octobre 1910
Saunière convoqué a l'officialité pour entendre lecture de la sentence

Vu la clôture des débats touchant l'affaire de M. Bérenger Saunière,
Vu la remise de l'énoncé de la sentence à une audience ultérieure
….citons Bérenger Saunière à comparaître devant notre tribunal a l'Evêque, au siège de l'officialité le 5 novembre . 10 heures.
                                                               Le 5 novembre 1910 Tombe la sentence
                                                Saunière est condamné à 10 jours d'exercices spirituels

 Le samedi 5 novembre, à 10 heures du matin, le tribunal de l'officialité s'est réuni. M. L'abbé Saunière s'est présenté devant le tribunal, accompagné de M. Le Docteur Huguet son procureur défenseur. Après avoir demandé à ce dernier et à M. le Promoteur s'ils n'avaient rien à ajouter à leurs conclusions, l'official à lu  la sentence qui suit.
         Sur le premier et troisième griefs 
      Attendu que Saunière n'est pas suffisamment et juridiquement convaincu d'avoir trafiqué des honoraires de messes; qu'il y a lieu cependant de noter et de punir sa coupable négligence en ce qui concerne la comptabilité des messes.
        Attendu qu'il y a lieu aussi de punir la désobéissance grave dont nous le reconnaissons en continuant à demander des messes malgré la défense qui lui avait été faite
     Nous condamnons M. Bérenger Saunière à se rendre dans une maison de retraite sacerdotale ou dans un monastère à son choix pour y faire les exercices spirituels d'une durée de 10 jours, lui enjoignant de nos présenter un certificat constatant qu'il a accompli ses exercices et ce dans un délai de deux mois.  
      Sur le deuxième griefs:
            Nous lui imposons l'obligation de se présenter devant Monseigneur l'Evêque de Carcassonne ou son délégué dans le délai d'un mois à l'effet d'offrir communication des comptes qu'il a présentés par l'intermédiaire de son défenseur.

….Un délai de 10 jours à partir de la notification est accordé à Monsieur Saunière pour relever appel de ce jugement.
            Signé  L'official: G. Cantegril
                            Les assesseurs : L.Messaz Chanoine –                                     F. Pradiés promoteur.
                                     Le greffier : L/ Charpentier

 
 Le 17 novembre 1910, le curé de Couiza sous signé; délégué par M. Cantegril s'est rendu à Rennes-le-Château pour notifier à M. Saunière la sentence portée contre lui par le tribunal de l'officialité le 5 novembre 1910

Bérenger Saunière avait 10 jours pour relever l'appel de ce jugement.

Il le fait par e lettre adressée à son Evêque le 30 novembre 1910, soit  trois jours après le délai légal, il est trop tard, la sentence est exécutoire depuis le 28 novembre.

  Le 5 décembre 1910, la semaine religieuse de Carcassonne informe les fidèles que l'abbé Bérenger Saunière, privé de ses fonctions sacerdotales, ne pourra plus dire la messe.

 

Date de dernière mise à jour : jeudi, 04 Juillet 2013

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