I Procès Saunière  I

               Mutation Saunière 

mutation1.jpg
Le 15 janvier 1908
 Lettre de l'Evêché annonçant à Saunière sa nomination à Coustouge



mutation2-1.jpg  
Semaine religieuse de Carcassonne  le Vendredi 22 janvier 1909 
Par décision de Monseigneur l'Evêque, M.Saunière, curé de Rennes-le-Château, a été nommé curé de Coustouge"           

mutation4.jpg

 

 

 Certificat de prise de possession le 1 er février 1909. Il est possible que Saunière se soit rendu à Coustouge pour visiter ce village, mais a refusé de quitter Rennes.

 

                              Lassé, mais réconforté par ses amis, Bérenger Saunère, fin janvier 1909 écrit à son Evêque et lui fait part de sa démission.

 cartes-postales-rennes-0001.jpg          

 Monseigneur,
    En présence de la décision maintenue de voir votre grandeur au sujet de mon départ de Rennes, il me reste un parti à prendre suggéré d'ailleurs par votre grandeur elle même alors que vous avez dit aux représentants de la commune en parlant de moi "qu'il prenne sa retraite".
C'est pourquoi vous voudrez bien agréer ma démission et ne plus me compter à partir du 1 er février au nombre des prêtres de votre diocèse qui exercent le Saint Ministère.
                                Daignez agréer.... 
                                                   Signé Saunière.            

 

 

 Rennes-le-Château, janvier 1909

mutation3-3.jpg                 Monseigneur,

  Votre grandeur comprendra le retard que j'ai apporté à répondre à la lettre  de M. Le Vicaire Rodière me réitérant à nouveau ma nomination de curé de Coustouge. Il me convenait guère de prendre à la légère une décision définitive, d'où doit dépendre pour moi mon existence entière.
Après avoir mûrement réfléchi, après avoir prié et invoqué les lumières de l'Esprit Saint, j'ai le profond regret de vous dire Monseigneur qu'il met absolument impossible d'accepter la nouvelle paroisse que vous voulez me confier même en présence en quelque sorte du fait accompli devant lequel vous avez voulu me placer en faisant paraître officiellement ma nomination.

A l'âge ou je me trouve, déjà affligé par les multiples infirmités de la vieillesse non moins que par les épreuves qui ont broyé mon coeur fraternel, après tout ce que j'ai fait pour l'église de Rennes-le-Château que j'administre depuis…ans et pour laquelle je n'ai compté ni mes efforts, ni les dépenses pour la rendre digne du Dieu qui l'habite, toute mon ambition se bornait à passer mes derniers jours dans mon humble paroisse. Par un acte d'autorité de votre Grandeur, vous voulez m'en éloigner aujourd'hui.
Je voudrais pouvoir optempérer à votre volonté, Monseigneur, mais je ne puis pas pour les nombreuses et majeures raisons que j'expose à votre grandeur.
Puisque mes pouvoirs doivent cesser pour Rennes-le-Château à partir du 1 er février, je n'ai qu'à m'incliner devant la mesure qui me frappe.
 Dimanche prochain donc pour la dernière fois, j'assurerai le service religieux de Rennes-le-Château et puisque ce jour là expirent mes pouvoirs, que votre grandeur croit bon de m'enlever à cette paroisse, je n'aurai plus qu'à informer la population que désormais elle aura affaire a celui à qui vous confierez le service religieux.
Quant à moi, Monseigneur, il ne me reste plus qu'à me retirer du service actif.
Je ne saurais dire avec quelle profonde tristesse et combien le cœur broyé je prends cette décision, parce qu'il m'est absolument impossible de faire autrement.
    (brouillon de  lettre adressée à son Evêque)

         Le soutien de ses amis prêtres

 lettre1-2.jpg  lettre-2-3.jpg  lettre-3.jpg

    L'abbé Lucien.Gazel de Villefloure (chanoine honoraire, professeur de mathématiques, à l'école Saint Stanislas à Carcassonne) lui adresse le 23 janvier 1909
un courrier de soutien et lui recommande la prudence dans ses écrits. 
   

     Mon bien cher ami,
 Ta lettre m'a vivement surpris, et je suis à me demander pourquoi après 20 ans à Rennes, Monseigneur songe subitement à toi pour l'important poste de Coustouge.
Le temps passé lui viendrait-il à la mémoire ? Ou bien quelqu'un t'aurait-il encore desservi auprès de lui? Il n'y aurait rien d'étonnant. Quoiqu'il en soit, il me semble qu'après tout ce que tu as fait à Rennes il ne te soit pas possible de le quitter.
L'autorité dis tu ne veut rien savoir. Cela je le crois et cela me prouve qu'on ne veut pas seulement t'éloigner de Rennes, mais surtout des personnes qui t'entourent.
C'est la pensée de l'autorité probablement. Dans ce cas que faire? Refuser ton déplacement? L'autorité te l'imposera peut-être même jettera-t-elle sur toi l'interdit, si tu persistes dans ton, refus.
En appelleras-tu alors au Métropolitain? Si tu le fais tu es sûr d'avance d'être condamné. Si Monseigneur dans le changement qu'il veut t'imposer n'invoque pas la raison des personnes qui sont avec toi, à ta place, je refuserai carrément et 'attendrais venir.
Toutefois sois prudent dans tes lettres que tu peux échanger avec l'autorité, il vaudrait mieux ne pas écrire et discuter la chose de vive voix. Si on invoque cette dernière raison, ce qui serait absurde après 20 ans; si tu résistes, Monseigneur te brisera et alors il vaudrait mieux le remercier et prendre la retraite, tout simplement en invoquant tes infirmités, que tu fais constater par un certificat que te délivreras ton docteur. Je ne sais d'ici quel conseil te donner, il faudrait voir auparavant les lettres de l'Evêché. Mais si c'est un simple changement qu'on te propose sans aucun motif, je répondrais en envoyant le certificat de mon médecin constatant que ma santé ne me permet pas un déplacement quelconque, mais encore une fois, si tu écris sois prudent dans tes lettres et pèse bien les mots.
L'abbé Gacher te dira son sentiment et certainement sa décision sera la bonne….
             Mes amitiés à toute la famille
                                       Bien à tous
                                                       Signé L.Gazel.

Date de dernière mise à jour : jeudi, 04 Juillet 2013

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×