I    Notre Dame de Marceille    I


                   L'abbé Joseph-Thèodore LASSERRE 

      
 lasserre.jpg  Né à Limoux le 11 février 1833 , décédé à Alet le 12 février 1897.
Il était le fils de Napoléon, Miche, Alexis Lasserre, juge au tribunal civil de Limoux, qui au lendemain de la Révolution, avait acheté la propriété de Castillon, non loin d'Alet, ancienne résidence privilégiée de Mgr de Chanterac et de Marie Françoise Irma Andrieu
  Après avoir suivi les cours du Petit Séminaire de Carcassonne, il termina ses études théoriques au Séminaire de Saint-Sulpice. 
  Ordonné prêtre en 1859 il est affecté comme vicaire à la cure d'Espéraza, avant de rejoindre  l'église Saint-Martin de Limoux l'an. Installé par  Edmond Destrem, il est nommé le 11 février 1876  curé d'Alet, ou il exercera son ministère pendant vingt et un an et jusqu'à sa mort.
 Aimant faire revivre le passé de sa paroisse, il rédigea en 1877 les Recherches historiques sur la ville d'Alet et son ancien diocèse
   Il s'intéressa également à la vie de Mgr. Charles La Cropte de Chantérac, le dernier évêque d'Alet. 
   En 1891, fut publié le résultat de ses travaux sur l' histoire du pèlerinage de Notre-Dame de Marceille de Limoux-sur-Aude.

(Sculpture sur terre de M. André AMIEL de Toulouse en 1887, photographiée au domicile de l'ancien curé d'Alet M. Biro.


         
 Acte de naissance de Joseph Théodore LASSERRE 10 février 1833

    L'an mil huit cent trente trois et le onzième jour du mois de février, neuf heures du matin, par devant nous Barthélémy Molinier adjoint à la mairie faisant par délégation de monsieur le maire, les fonctions d'officier d'état civil de la commune de Limoux, canton du même nom département de l'Aude, ont comparu le sieur Napoléon, Michel, Alexis Lasserre âge de trente et un an, juge au tribunal civil de cette ville y domicilié, lequel nous a présenté un enfant de sexe masculin, né en cette ville le jour d'hier à sept heures et demi du matin, dans la maison sise rue de la Trinité section de la justice de lui déclarant et de dame Marie, François, Irma Andrieu, son épouse âgé de vingt huit ans, sans profession, domiciliée en cette ville et auquel il a déclaré vouloir donner le prénom de Joseph, Théodore, les dites déclarations et présentations faites en présence des sieurs Philippe Béziat âgé de vingt neuf ans, menuisier et François Malot, âgé de cinquante deux ans, propriétaire, domiciliés en cette ville et pour le père et témoin signé avec nous le présent acte de naissance après que lecture leur a été faite.
          Signé Béziat, Lasserre, Malot, Molinier.

               Joseph Théodore LASSERRE
 
Joseph Théodore Lasserre, à sa sortie du séminaire et après son ordination est nommé vicaire à Espéraza le 16 janvier 1861. 
Le 9 juin 1863 il est appelé à occuper les même fonctions à Saint Martin de Limoux retrouvant ainsi sa paroisse natal  à laquelle il restera attaché plus de 10 années.
Le 11 février 1876, il  est chargé de la cure d'Alet, qui était cure de première classe, où il succédait à l'abbé Danjou.

Il est installé dans cette cure par Monseigneur Leuillieux, le 27 février, en présence de  M. Edmond Destrem, curé Archiprêtre de Saint Martin de Limoux, assisté de MM Dariez, curé de Saint Vincent à Carcassonne, chanoine honoraire; Fages, curé de l'Assomption de Limoux, chanoine honoraire; Gasc, chanoine honoraire, Laffon, curé de Véraza, Raynier Henri , aumônier du lycée de Carcassonne, Girons curé de l'Assomption; Molinier, clerc-minoré , du clergé de Saint Martin de Limoux et en présence de M Clercy Robert, maire de MM les fabriciens, de MM les Conseillers municipaux et d'une foule de fidèles….
(Extrait du procès verbal de la prise de possession)
   Le 21septembre 1876, Monseigneur Leuillieux a nommé l'abbé Lasserre, bénéficier de premier ordre, du chapitre de l'église cathédrale de Carcassonne.

              Acte de décès de Théodore LASSERRE 13.décembre 1897

    L'an mil huit cent quatre vingt dix  sept, le douze février à midi devant nous Conquet Adolphe, Maire officier d'état civil de la commune d'Alet, canton et arrondissement de Limoux, département de l'Aude, ont comparu Cros Antoine, cordonnier, âgé de quarante ans et Bouize Mizart, cultivateur âgé de trente neuf ans, domiciliés en cette commune, non parente du décédé bas nommé; lesquels nous ont déclaré que Lasserre Joseph Théodore, curé de la paroisse d'Alet âgé de soixante cinq ans, né à Limoux le onze février mille huit cent trente deux; domicilié en cette commune, fis de Lasserre Alexis quand vivait, juge au tribunal civil de Limoux et de feu Andrieu Marie, quand vivait son épouse, sans profession, est décédé aujourd'hui à cinq heures du matin, en son domicile, sise au presbytère. Après être assuré du décès, nous avons dressé le présent acte que nous avons signé avec les déclarants après lecture faite.

              Malade, Bernard de MONTFAUCON se recommande à Notre Dame de Marceille
                                                     
 bdmontfaucon.jpg   Bernard de Montfaucon  moine bénédictin  de la Congrégation de Saint Maur, naquit le 16 janvier 1655, au château de Soulatge, dans les Corbières.
    C'est au château de Roquetaillade, petit village situé dans la vallée de la Corneilla, résidence habituelle de sa famille, qu'il passa ses premières années et fit ses études au collège des pères de la doctrine chrétienne à Limoux. 
En 1672, à 17 ans il choisit la carrière militaire et entre dans le corps des Cadets de Perpignan. En 1673 il s'engage comme volontaire, dans le régiment du Languedoc commandé par un de ses parents, le marquis d'Hautpoul et rejoint  l'Allemagne alors qu'il avait seulement 18 ans comme capitaine des grenadiers.  Il fit deux campagnes sous les ordres de Turenne, participa à la bataille de Marienthal et tomba malade à Saverne en Alsace. (Le capitaine d'Hautpoul sera tué dans le Mariendhal à la bataille de Monte Cuculli)
  Au cours de sa maladie Bernard de Montfaucon  aurait fait le vœu à N.D. de Marceille (près de Limoux) de donner à sa chapelle la somme de 100 livres et de se faire bénédictin si, par bonheur et par son intersession, il revenait dans son pays. Son vœu sera exaucé.
   Après le décès de son père au château de Roquetaillade, et de sa mère qui suivit de près son retour il  pris l'habit de Saint Benoît en 1675 au monastère de la Daurade à Toulouse, où il apprit le  grec, l'hébreu, le chaldéen, le syriaque et le copte. Il y fit profession l'année suivante.
   Il enseigna ensuite à Sorèze et deux ans après à l'abbaye de Lagrasse où il resta huit années, il perfectionne son Grec et  rejoint en 1686 l'Abbaye Ste Croix de Bordeaux où il apprit l'hébreu, puis Paris, en 1687 aux Blancs-Manteaux.
  En 1680 il parcourt l'Italie à la recherche de manuscrits pour la publication des œuvres de Saint Jean Chrisostome, et où il fut un moment procureur de son ordre à la suite de la mort de son prédécesseur Dom Estiennot. À Rome, le pape Innocent XII qui avait facilité son voyage le reçu très honorablement. Il est de  retour en France en juin 1701. 
En 1719, il est nommé, par le Régent Philippe d'Orléans, membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. A la mort  du père Michel Le Tellier, jésuite, ancien confesseur de Louis XIV, Bernard de Montfaucon  est  élu à sa place.
  Le 21 décembre 1741 Bernard de Montfaucon décède à Saint-Germain-des-Prés. Son corps fut transféré en 1819 dans une chapelle abbatiale de l'Église Saint-Germain-des-Prés à Paris.
         (renseignements "le site du limouxin et de la haute vallée de l'Aude") Archive photo Wikipedia

            En 1674, Antoine d'Hautpoul

    La dévotion  des habitants de Limoux pour la vierge miraculeuse de Notre Dame de Marceille se traduisit jusque dans leurs testaments.
   En 1674,  Antoine d'Hautpoul, seigneur de Rennes, natif de ce lieu, au diocèse d'Alet, blessé d'un coup de mousquet à la mâchoire gauche, à la bataille de Holzen en Alsace ordonna par son testament que son corps fut inhumé dans l'église des Cordeliers à Limoux, et son coeur conservé à Notre Dame de Marceille, léguant à la dite église 200 livres pour deux messes par semaine à perpétuité ( Histoire du Pélerinage de Notre Dame de Marceille de l'Abbé Lasserre)                                    

         Le don de la Comtesse de Chambord

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Mme la Comtesse de Chambord qui multipliait les envois de dons aux sinistrés d'inondations, associant la religion à ses bienfaits, aux oeuvres de la propagation de la foi, avait appris depuis Frohsdorf, le couronnement de Notre Dame de Marceille. 
   En 1863, les nobles époux souhaitèrent s'associer aux gloires de Notre Dame de Marceille, en faisant don d'un tableau très précieux, représentant la Vierge-Mère avec l'enfant Jésus sur son bras. Un portrait en buste de la Panagia ou Toute- Sainte, comme l'appellent les orientaux. Les visages et les mains sont seuls peints, alors que le costume de la Vierge est ciselé dans l'argent et l'or, rehaussé de pierreries. 




tableau.jpg    Ce tableau sous verre enchâssé dans une bordure d'argent à baguettes d'or, relevé d'une cordelière d'or en spirale mesurait environ 0,40 sur 0,25 mètres. Les bustes et les fonds représentaient des feuilles d'argent repoussées et soudées. On pouvait admirer les couronnes d'or enrichies de pierreries et ouvertes, selon l'usage antérieur, au XV e siècle. Les abréviations MP - OY, veulaient dire Mère de Dieu. Cet objet d'art, d'origine byzantine, qui tenait à la fois de l'orfèvrerie et de la peinture t remontait à une époque très ancienne. Selon le vœu des donateurs, ce tableau fut placé au dessus de la niche de la madone de Marceille, comme une prière continuelle en faveur de la France, de la famille des Bourbons, et en témoignage de leur ardente pitié envers Notre-Dame de Marceille. 
Le conseil d'administration fut heureux de ce don…Mais on était sous l'Empire…

Les remerciements furent offerts avec prudence!
(Ce précieux tableau qui tient à la fois de l'orfèvrerie et de la peinture, représentant la Vierge et l'Enfant Jésus est actuellement en cours de restauration.)

Le Docteur Carrière de Limoux, médecin de la famille de Chambord, qui entretenait d'étroites relations écrites avec son cousin l'abbé Théodore Lasserre, n'a-t-il pas été mis au courant qu'un jeune prêtre d'une paroisse reculée du Razès faisait appel à la générosité des fidèles pour restaurer son église qui menaçait ruine? 
   La Comtesse de Chambord ne pouvait rester insensible a l'appel de détresse de ce jeune prêtre, d'ou ce don de 3000 francs au curé Saunière, de Rennes-le-Château, qui  avait fait voter royaliste aux élections de 1885.


Date de dernière mise à jour : jeudi, 21 Mars 2013

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