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                  Les origines de Notre Dame de Marceille

 vierge-marceille.jpg     Sur une colline dominant  Limoux, s'élève une chapelle champêtre, en grande vénération dans la contrée.
   Cette  chapelle est connue sous le nom de Notre-Dame de Marceille. L'origine se perd dans la nuit des temps.
  
   Un agriculteur dit une antique tradition labourait son champ. Ses bœufs s'arrêtent tout à coup. Le laboureur veut les obliger à avancer; ses efforts sont inutiles, il aiguillonne, les bœufs demeurent immobiles. On les aurait dit arrêtés par une force invisible. Le laboureur croit au prodige. Avec cette foi vive qui caractérisait nos aïeux, il fait le signe de la croix, s'agenouille et adresse au ciel une fervente prière.

   Qu'elle n'est pas  sa surprise lorsque, ayant creusé légèrement la terre, il voit de ses yeux une statue de la Vierge, au teint brun, le sourire sur les lèvres.
   Il saisit avec un religieux respect cette image miraculeuse et la place dans sa maison. Le lendemain, la statue n'est plus où l'agriculteur  la posée la veille; on la cherche inutilement. On la retrouve au même lieu où le laboureur l'avait découverte, sur ce magnifique plateau qui domine la ville de Limoux et ses vignobles, terre fortunée d'où l'on distingue dans le lointain les montagnes  pyrénéennes et aux pieds de la colline, l'Aude qui roule ses flots paisibles à travers une immense plaine.
   La vierge miraculeuse est de nouveau portée au logis du laboureur, mais….,ô prodige!... La statue disparaît à nouveau et revient se placer au même endroit où on l'avait vue une première fois.
   La Vierge manifestait ainsi sa volonté et prenait possession de ce lieu pour y faire éclater sa puissance et combler de ses faveurs les fidèles.
  
A peine la découverte de la statue venait-elle d'avoir lieu, que les nouveaux chrétiens vinrent en foule 'implorer Marie, lui demandant la guérison  des maux des yeux. Leur espérance s'exprimant déjà par le mot: Marsilla (des yeux gâtés, endommagés par la maladie) , Mar (gâté, endommagé), Sel, sil (fermer les yeux).  L'ignorance de la prononciation celtique a conduit à prononcer Marsil, Marseel, puis Marceille comme se défigurent bien souvent tous les vieux noms.

   La statue de la Vierge fut couronnée le 14septembre 1862, au nom de S.S. le Pape Pie XI, par Mgr de la Bouillerie, évêque de Carcassonne. Les couronnes d'or, enrichies de pierres précieuses étaient faites sur le modèle des rois goths.

.                L'église actuelle 

gravure-marceille.jpg 

 La chapelle primitive a fait place à une vaste église. Au XV eme siècle, la garde de l'église était confiée à un ermite. Au XVIII eme siècle, frère Antoine d'Aude, ermite, reçoit à Notre- Dame l'Archevêque de Narbonne, Mgr de Rebé.

Le prieuré de Notre-Dame de Marceille devint successivement la propriété de l'Archevêque de Narbonne, des boursiers du collège de la même ville et les Doctrinaires, professeurs du collège de Limoux, qui le gardèrent jusqu'à la Révolution. A cette époque il fut vendu comme bien national.
  En 1222, les Albigeois élirent dans l'église de Notre-Dame de Marceille, Benoît de Thermes, Evêque hérétique de Carcassonne et du Razés. (Aucun acte ne l'atteste mais il est vrai que Limoux avait embrassé cette doctrine, on sait que ses habitants furent excommuniés par Pons Amelli, Archevêque de Narbonne, dans un concile tenu dans cette cité. (Certains historiens rapportent qu'ils  se réunirent au château de Pieusse en 1225, localité qui est à quelques centaine de mètres de Notre Dame de Marceille).
  

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  Notre Dame de Marceille est une structure monumentale. Elle forme une croix latine d'une largeur de dix sept mètres sur quarante de longueur et dix huit de hauteur.   Son architecture est du XIV eme siècle. Son porche fut édifié en 1488 et est formé par une voûte dont les arêtes reposent sur des  faisceaux de colonnettes. 
  Au milieu sur un cul-de-lampe, est placée une statue de la Vierge, de grandeur naturelle. En 1793, une bande de révolutionnaire, furieuse de ne plus trouver la madone vénérée, se rua sur la Vierge, et la décapita, après l'avoir mutilée. La tête retrouvée quelques années plus tard, fut replacée sur le buste. Le bras de l'enfant qui jadis saluait les pèlerins fut orienté vers le bas.                                                   

                 Les Missionnaires à Notre-Dame de Marceille

     Dés le XVII eme siècle, les Archevêques de Narbonne ont établi des missionnaires à Notre-Dame de Marceille pour évangéliser le Razès. L'un d'eux, François de Fouquet, aurait souhaité fonder en ce lieu une école ecclésiastique et une pépinière de missionnaires. On construisit alors  le grand bâtiment qui avoisine l'église. Le projet de l'Archevêque ne se réalisa pas. Notre-Dame fut cédé aux religieux doctrinaires en 1675, par Pierre de Bonzy, cardinal archevêque de Narbonne. Depuis la Révolution française de 1793, la chapelle était desservie par un Aumonier. Mgr de la Bouillerie, évêque de Carcassonne, avait quant à lui formé le projet d'établir à Notre-Dame des prêtres de la Congrégation de la Mission. Il laissera à son successeur le soin de réaliser ce projet.
                                                                                   
Monseigneur François de Sales Albert Leuillieux confia alors le sanctuaire aux Lazaristes.  Ces fils de Vincent de Paul vivent alors dans le silence et la retraite. Ils évangélisent les pèlerins et quittent leur solitude que pour donner des missions dans les villes et villages du diocèse de Carcassonne. Lorsque Saint Vincent de Paul fut proclamé patron de toutes les oeuvres de bienfaisance et de charité, une belle statue lui fut érigée dans le parc.

Les années qui vont suivre allaient être marquées par de graves évènements et rompre cette solitude et ce silence.
  De 1795 à 1838 l'administration de Notre-Dame est confiée à des chapelains. De 1838 à 1873, le sanctuaire est confié au chanoine Henri Gasc qui va lui prodiguer tous ses soins et ses talents artistiques pour sa riche décoration intérieure.
  Monseigneur Leuilleux avait prévu les difficultés qui tôt ou tard allaient surgir sur la colline sacrée et avait résolu de devenir seul acquéreur de l'église de Notre-Dame de Marceille pour le diocèse de Carcassonne. Ce projet ne fut pas réalisé. La vente de l'église de l'Assomption, à Limoux devait préluder à celle de Notre-Dame de Marceille. L'un des co-propriétaires M. Bourrel en devient en 1893 seul propriétaire. La statue miraculeuse est enlevée de sa niche et placée dans la nouvelle église de l'Assomption. Ce fut avec beaucoup  de tristesse que les limouxins apprirent cette translation.  
    Monseigneur Félix Billard Evêque de Carcassonne, digne héritier de la pitié de Mgr de la Bouillerie envers la très Sainte Vierge  ne se donna point de repos avant d'avoir réintégré la statue dans son antique  sanctuaire. MM Maury et Teisseire achetèrent au nom de l'Évêque, la basilique à M. Bourrel. 
  Le calme  revenu, nous sommes en 1893; le 2 juillet fête de la Visitation de la Très Sainte-Vierge, dés l'aube les bourdons de Limoux annoncent le retour de la Madone qui ne quittera plus ce lieu qu'elle avait choisi.
   Monseigneur Billard donna solennellement la garde de Notre-Dame aux fils de saint Vincent de Paul et dit aux milliers de pèlerins présents: "Nos très chers frères, je vous rends votre Madone. Je vous la confie, gardez-la toujours et sachez, désormais la défendre. A son tour elle vous bénira et vous défendra."
 

                          letre-pastorale-nd.jpg              notre-dame-de-marceille.jpg

                                     6 octobre 1912 , 50 eme anniverssaire du Couronnement de Notre-Dame de Marceille

           v1.jpg nd-de-marceille-statue.jpg  sanctuaire.jpg                                                                   
                                                                        ( 1 )                                                                                                              ( 2 )                                                                      

                                       
  ( 1 ) Les anciennes traditions nous disent que cette statue fut vénérée dés les premiers temps de la prédication évangélique jusqu'à nos jours.Après une longue absence elle fut découverte miraculeusement  dans un champ voisin de la source coulant jusqu'au torrent pour se confondre avec lui. 

  (Photos Copyright  André Galaup)
   ( 2) La Fontaine de la "Voie Sacrée" qui coule en toute saison goutte à goutte; la tradition du pèlerinage lui attribue une vertu merveilleuse pour les yeux.
Cinquante deux bandes de pierre de taille divisent cette Voie Sacrée, et servent de stations aux pèlerins les plus fervents.
    

Date de dernière mise à jour : jeudi, 04 Juillet 2013

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