I Mutation Saunière I    I Sa défense I   I Premier jugement  I     I Deuxième jugement I    I Sa retraite I 

    I Appel à Rome I     I Troisième jugement I       I La Commission Saglio I     I Demandes de messes I

           Les raisons d'un procès

             En traduisant devant le tribunal de l'officialité l'abbé Bérenger Saunière, l'Evêché va baser toute son accusation sur trois points:

-         D'avoir fait le trafic de messes,
-         De s'être enrichi avec ce trafic,
-         D'avoir continué à demander des honoraires de messes malgré la défense de Monseigneur l'Evêque et la promesse par lui faite de s'abstenir de semblables demandes.
    On pouvait penser que tous les ennuis dont aurait à faire face Saunière provenaient de ces accusations.
En fait, c'était l'arbre qui cachait la forêt.
Il fallait à l'Evêché un motif, mais ce motif était bien fragile et il serait absurde de croire que l'autorité diocésaine et plus tard les tribunaux romains ont condamné Saunière d'après ces accusations.
Non! Pour les autorités ecclésiastiques, Saunière a fait preuve de légèreté et d'inconscience peut-être en sollicitant autant de messes, mais ce qui pèsera  lourd dans la balance à l'heure du verdict est toute autre.     
             Bérenger Saunière soupçonné d'espionnage.
            Que pouvait-on reprocher à Saunière?
          Faisons place à la tradition orale et référence aux propos que nous avons recueillis au tout début de ce qui allait devenir l'affaire de Rennes-le-Château.
            "…Un jour on vit un étranger monter la pente qui conduit  au village de Rennes-le-Château. Arrivé à hauteur des premières maisons, l'étranger rencontre un habitant à qui il demande s'il lui serait possible de lui indiquer quelqu'un connaissant parfaitement le village et la région. Le villageois décrira l'inconnu comme étant un monsieur très chic, très distingué, lui ayant dit s'être égaré. Nos deux hommes, tout en bavardant, vont frapper à la porte de M. Jammet l'instituteur. Celui-ci, après les présentations et sachant que le curé aimait bien recevoir, conduira le visiteur, qui n'est autre que l'Archiduc Jean de Habsbourd, jusqu'à la porte du presbytère. Nouvelle présentation, M. Jammet rentre chez lui et Jean de Habsbourg qui avait dit souhaiter redescendre avant la nuit à Couiza se fixera une quinzaine de jours à Rennes-le-Château.
   L'année suivant, il va revenir. Mais si la première fois on se ne soucia guère de sa présence, par contre lors de la suivante, les gens du village vont parler et plus particulièrement  un médecin d'Espéraza, ennemi juré du curé. Saunière qui le dénonça à la Préfecture et au deuxième bureau pour espionnage. Les gendarmes de Couiza montèrent à Rennes-le-Château et ouvrirent une enquête. Jean de Habsbourg déclina son identité et dit qu'il était en rupture avec sa famille à la cour de Vienne et que pour raisons de santé, atteint d'affection pulmonaire, après un séjour en Italie, avait choisi le midi de la France et son climat pour se refaire une santé. D’où sa venue dans  la région qu'il  disait méconnaître. L'enquête de gendarmerie sera close et l'on ne reverra plus Jean de Habsbourg à Rennes-le-Château.

          Cette présence est pour le moins étrange.
     On a rapporté que lorsque Saunière éprouvait des difficultés financières pour poursuivre ses travaux,  il prenait le train en gare de Couiza-Montazels et se rendait à Perpignan. Dans cette ville il avait ouvert un compte à la banque Auriol, rue Font-Froide, quartier de la cathédrale Saint-Jean. Chose assez surprenante, à cette même banque, Jean de Habsbourg avait  aussi  un compte. 
    Lorsque ces affaires exigeaient qu'il reste quelques jours à Perpignan, il logeait au Grand Hôtel, place Sadi Carnot.

          Autre visiteur pour le moins mystérieux; le Baron Von Kron.
    Une très courte visite à Rennes-le-Château mais qui une nouvelle fois va délier les langues et amplifier les soupçons qui pesaient sur Saunière serait celle du Baron Von Kron  chef du contre espionnage Allemand.
En pleine hostilités en 1915, Von Kron obtient des autorités françaises un laisser passer pour rejoindre l'Espagne. Guillaume II ayant des difficultés et des ennuis de famille au sujet d'un héritage avec sa cousine-germaine, Mère supérieure d'une congrégation religieuse d'Azille (Aude), avait donné mission à Von Kron de faire un détour pour s'entretenir avec la religieuse. Cette entrevue de courte durée, terminée; Von Kron qui était accompagné d'agents secrets Allemands, souhaitait faire un détour  par Rennes-le-Château qui n'est pas très loin, pour saluer un de ses amis prêtre, qu'il  avait connu quelques années auparavant lors d'un voyage touristique. 
Nos visiteurs arrives à Rennes et chez le curé, Von Kron s'enferme avec lui en tête à tête quelques minutes et repart. Cette visite éclair ne va pas manquer d'étonner les voisins du curé qui s'empresseront de rapporter la nouvelle.
Pour une visite d'amitié, pourquoi tant de mystères? Difficile de croire que Von Kron soit venu à Rennes pour ce faire entendre en confession.

On ne peut clore ce chapitre sans évoquer les soi disant déplacements qu'aurait effectué Saunière hors de la région. Déplacements fréquents qui ne manqueront pas de surprendre et seront autant de points de discorde et interrogations pour l'évêché.  Si l'on a très peu d'éléments pour confirmer ces déplacements, nous avons cependant des courriers qui  laissent supposer que Saunière s'est souvent absenté de sa paroisse. Saunière aurait alors, minutieusement préparé les départs de sa cure. Prévoyant, l'abbé! Avant de s'absenter  avait rédigé de sa main toute une série de billets destinés à être expédiés en réponse à des courriers arrivés en son absence. Marie sa fidèle servante qui avait ordre de lire son courrier n'avait plus qu'a dater, changer d'entête, les formules de politesse et pour tout le monde l'abbé n'avait pas quitté sa paroisse. Seuls les gens du village épiaient ses allées et venues d'un mauvais œil.
      Dans ces papiers personnels, largement diffusés, on nous montre une série de photos de Saunière qui auraient été prises dans  le studio  parisien  A.Vaugon, 27 avenue du Faubourg Montmartre en 1913. Peut-on affirmer que Saunière ss soit  rendu dans ce studio? N'oublions pas que de tout temps et encore de nos jours, les photographes se déplacent pour faire des clichés.
    Dire  que Saunière se serait rendu à Saint Sulpice pour faire décoder des  parchemins trouvés dans l'église et qu'il aurait fréquenté les grands salons et fait connaissance de célébrités de l'époque……faute de preuves, nous  nous garderons  d'en parler.
  Mais alors, d’où  provenait tout l'argent dont disposait et utilisait Bérenger Saunière pour restaurer son église et construire son domaine?
     A Rennes-le-Château et bien au-delà de nos frontières, on dit que Saunière aurait trouvé un trésor et qu'il y puisait lorsqu'il en avait besoin.

On dit aussi qu'il disposait de ressources mystérieuses. Qu'en se livrant au trafic de messes, il aurait reçu des sommes considérables. Qu'ayant fait part de ses intentions d'ouvrir un asile et maison de retraite pour les prêtres nécessiteux (son testament en fait état) l'abbé aurait reçu des dons importants. 
En cette fin du XIX eme siècle et début du XX eme, la charité est une véritable institution et un grand nombre d'oeuvres de charité vont voir le jour et recueillir de fortes sommes d'argent.

    Alors, dire que Saunière a trouvé un trésor, c'est certainement vrai en partie. Lors de la rénovation de son église, nous avons vu qu'il avait découvert dans plusieurs caches des petits trésors. 
Il a donc pu tirer quelque argent des pièces ou objets religieux.
 Saunière a également eu connaissance d'un tombeau des Seigneurs de Rennes. A-t-il fouillé et trouvé quelque chose?
   Il est fort probable qu'une partie de ces découvertes en divers endroits de l'église, Saunière les ait restitués à certaines familles qui pouvaient se prétendre avoir des droits d'héritages!
En contre-partie, ces mêmes personnes auraient pu verser à l'abbé des sommes d'argent importantes sous forme de dons.
  Mais l'hypothèse qui nous parait la plus plausible du soudain enrichissement de l'abbé pourrait-être:
    Saunière à son arrivée  à Rennes-le-Château, est désolé en voyant l'état lamentable de son église. Il lance alors un appel de détresse. 
Souvenons-nous qu'avant lui, le conseil municipal et l'un de ses prédécesseurs, l'abbé Cezac en 1879 l'avait fait pour entreprendre des travaux de restauration.
Saunière va faire appel à la générosité et rapidement des dons vont affluer vers Rennes-le-Château et au bureau de poste de Couiza.
   Ses cahiers et carnets personnels le confirment. Il recevra également bon nombre d'intentions de messes.
 Doit-on voir dans cette manière d'agir quelque chose de frauduleux. Certes, après les mises en garde de l'Evêque, Saunière aurait dû arrêter. Mais ne fut-il pas grisé par cette soudaine manne tombée du ciel.
Lui si pauvre, soudain si riche, pouvant s'élever au rang dont il a toujours rêvé mais sans jamais y parvenir vu ses modestes revenus, va pouvoir réaliser de grandes choses dans son église, là est son souci majeur, tout au moins au début de son ministère à Rennes.
Par la suite et la force des choses compte tenu des multiples ennuis qui s'abattent sur lui, nous verrons qu'il changera.
Alors, il va outrepasser ses droits et à partir de ce moment va s'élever entre lui et son Evêque une barrière infranchissable où chacun va se retrancher .

      Mais si l'on met sur le compte de Monseigneur de Beauséjour toutes les difficultés dont va devoir faire face Saunière, l'on ne doit pas oublier  que durant le Ministère de Monseigneur Billard, celui-ci avait déjà ordonné à l'abbé de cesser les demandes d'intentions de messes. Mais à cette époque l'état de santé de l'Evêque allait en s'aggravant depuis 1980 et jusqu'à sa mort au monastère de Prouille le 2 décembre 1901.

     L'administration diocésaine ne donna pas suite à cette affaire, ou tout au moins elle fut mise en sommeil. Ce n'est qu'à l'arrivée de Monseigneur de Beauséjour que des gens bien intentionnés,  se firent un malin plaisir de remettre le dossier entre ses mains.

     La suite, d'interminables confrontations, mutations, punitions etc. Le dénouement de cette triste affaire n'intervenant qu'après la mort du prêtre.
  Persuadé que toutes les réalisations de Bérenger Saunière étaient des biens de l'église, Monseigneur de Beauséjour songea qu'il lui suffisait de déplacer le curé et ainsi  cesseraient les ragots et l'Évêché pourrait prendre en main l'administration du domaine.
Quelle ne va pas être la surprise de l'Evêque, lorsqu'il découvrira que tout le domaine est propriété de Mlle Marie Denarnaud, la servante du curé.
Saunière ne possédait rien, il était simplement locataire du presbytère loué à la municipalité pour une durée de 5 ans à compter du 1 er janvier 1907.

           Ou il est question de secret...  !
   Durant les interminables années qui vont suivre, Saunière ne pourra compter que sur quelques fidèles amis qui lui témoigneront sympathie, l'encourageront dans les dures épreuves qu'il aura à subir et seront là à ses côtés pour le réconforter.

Une lettre  mérite toute notre attention car, la seule, ou il est fait mention de "secret" dont Saunière serait dépositaire. Secret de la confession? Secret exigé par certaines personnes ayant fait des dons importants à l'abbé et soucieuses de garder l'anonymat?
Voici les passages les plus importants de ce courrier adressé à Saunière alors qu'il doit se présenter  devant l'autorité religieuse::
lettre-1-1.jpg  lettre-1-2.jpg  lettre-i-1-3.jpg
    Mon cher Bérenger,
  "...Je n'ai pas besoin de te dire si je suis stupéfait! Ce que tu me racontes me surprend étrangement. Jamais je n'aurai supposé pareille affaire. Je pensais maintenant qu'on en avait fini avec toi.
Mais n'importe, quoi qu'il arrive compte toujours sur moi, je serai toujours un  ami fidèle.
Et maintenant en qualité d'ami laisse moi te dire que tu feras bien de ne pas te présenter. Pourquoi? En voici les raisons.
   1° Les choses qu'on veut te reprocher ne sont pas du ressort du tribunal ecclésiastique, attendu qu'aucune action civile ne t'est intentée pour escroquerie ou vol. Si pas exemple un civil quelconque t'accusait d'avoir fait des constructions et autre chose avec de l'argent extorqué ou par tout autre moyen abusif, l'autorité ecclésiastique aurait le droit et le devoir de te demander raison de ta conduite parce que, ce que tu aurais fait serait alors immoral; mais le cas qui nous occupe n'est pas celui-là. Tu as eu de l'argent, il n'appartient à personne de percer le secret que tu gardes, tu l'as dépensé comme il t'a plu, cela ne regarde que toi. Personne ne réclamant, personne ne t'accusant ni de vol, ni d'escroquerie, ta conduite en cette affaire n'étant pas répréhensible, nul n'a le droit de t'incriminer, surtout des tiers, en l'espèce l'Évêché.
2° Si quelqu'un t'a donné de l'argent sous le secret naturel, tu es obligé de le garder et rien ne peut te délier de ce secret que la personne seule qui te l'as donné et même dans ce cas tu dois voir si la révélation que l'on t'autoriserait à faire ne te porterait pas un préjudice moral et dans  ce cas tu devrais même te taire.
3° Tu ne dois pas montrer tes comptes. Tus as dépensé un argent qui n'est ni volé, ni extorqué, tu l'as dépensé comme tu l'as jugé à propos, nul n'a rien à y voir….
…Et puis saches que je suis toi ami fidèle qui partage tes angoisses….
…. Et puis advienne que pourra.
                                            Le bonjour à Marie, console-là

 

 

 


Date de dernière mise à jour : jeudi, 04 Juillet 2013

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