I  Le domaine  I

   I  La grotte I    

                Le jardin du calvaire  

     jardin-calvaire.jpg                            ref374-1-1-1.jpg       

     En février 1897, les travaux de l'église sont terminés, Saunière tire les plans pour la réalisation d'un calvaire dans le jardin de l'église. La croix est mise en place le 11 février et le dimanche 6 juin 1897, Monseigneur Félix-Arsène Billard, au cours de sa visite épiscopale, donne la confirmation à de jeunes paroissiens et clôture la mission prêchée par le RP Mercier, Lazariste.

 christ-en-croix-jardin-du-calvaire-hierjpg.jpg               Discours de l'abbé Saunière à son  Evêque                                                          
       Monseigneur, il n'est pas, dans la vie chrétienne, de circonstance plus touchante pour le pasteur d'une paroisse et pour le troupeau à ses soins que la visite de son Evêque.
Pour moi, j'en suis profondément ému, et tous ceux qui se groupent ici, sous les yeux de votre grandeur, partagent cette émotion et s'associent j'en suis sûr, à tous les sentiments de respect et de reconnaissance que la présence du Représentant de Jésus Christ fait toujours naître au fond de l'âme du plus humble prêtre. Et cette reconnaissance, Monseigneur, est d'autant plus grande et mieux sentie, que pour venir jusqu'à nous, vous avez bien voulu quitter votre ville épiscopale en un jour aussi solennel que celui de la Pentecôte. Cette faveur, de la part de votre Grandeur, honore Rennes-le-Château et son Pasteur. Aussi ce dernier est-il tout particulièrement heureux de vous en témoigner en ce moment sa plus vive gratitude.
Dans nos petites paroisses, Monseigneur ne l'ignore pas, il y a quelques fois pour le prêtre des moments très pénibles, des heures bien tristes et bien douloureuses. Ces heures, la Divine Providence, ne me les a pas épargnées. En dehors des peines morales qui affectent le cœur de tout prêtre qui voit le peu de bien que ses efforts parviennent à réaliser.
J'ai vu des malheureux égarés par des conseils perfides, s'acharner contre tout ce que j'avais entrepris pour la gloire de Dieu et les embellissements de son temple. Dans ces jours d'aveuglement, tous les moyens leur ont été bons, même la violence. Heureusement le ciel veillait et cette même providence a fait tourner à bien leurs funestes projets. Mon cœur de prêtre et de Père en a cruellement souffert, cas ces âmes, Monseigneur, m'étaient d'autant plus chères qu'elles étaient mes enfants. Aussi n'ai-je cessé de demander à mon Divin Maître de les pardonner, comme je les pardonne du fond de mon cœur et des les ramener dans le vrai chemin. Mes prières n'on t pas été vaines et votre visite, Monseigneur achèvera, j'en ai la douce confiance, de consolider la paix qui règne maintenant parmi nous et sera pour la Pasteur une source de consolation et d'encouragement.
Il y a dans l'Evangile une parole bien effrayante et bien redoutable, c'est celle où il est dit par allusion à ceux qui son,t chargés du soin des âmes "redde rationem villicationis tua". Assurément, Monseigneur vous ne venez point ici avec la sérénité d'un maître inexorable, mais plutôt plein de douceur et de mansuétude pour, les brebis et pour le Pasteur. Cependant en venant nous visiter, il est tout naturel et bien légitime que votre Grandeur demande à celui qui tient ici sa place, en ce qui touche la charge spirituelle un compte fidèle de son administration. 
Au point de vue matériel, l'église de Rennes-le-Château n'est pas une des plus mal partagée de l'heureux diocèse confié à vos soins, et si, votre Grandeur, ne trouve pas en elle le luxe de ses cathédrales, elle pourra y admirer cependant une exquise propreté.
Depuis mon arrivée dans cette paroisse, je n'ai eu qu'un but, faire de cette église, un temple digne de celui qui remplit l'immensité de sa présence, et mettant en pratique cette adage: "A audam fortuna juvet"; je me suis mis courageusement à l'œuvre et Dieu a voulu que mes efforts ne fusent pas stériles.
Depuis votre dernière visite (1 er juillet 1889), dans le sanctuaire, deux nouvelles fenêtres, ornées de riches vitraux continuant a reproduire les principaux trait de la vie de notre illustre patronne, sont venus s'ajouter à notre belle rosace et donner ainsi plus de régularité et plus de lumière à la partie essentielle de lia Maison de Dieu.
Deux statues, la Vierge Mère et Saint Joseph, deux sujets d'une grande richesse, d'une grande finesse d'exécution en complètent l'ornementation. Dans la nef, les arceaux ont été régularisés et les murs latéraux assainis, depuis leur base jusqu'à la voûte, une chaire, un nouveau chemin de croix, une nouvelle piscine, cinq statues, autant d'acquisitions qui ont été faites depuis votre dernière visite.
Aux dix premiers bancs destinés aux fidèles sont venus s'adjoindre dix autres.
Pour donner plus de régularité et surtout plus de jour à cette seconde partie de notre église, trois nouvelles ouvertures ornées de belles verrières ont été percées à droite et à gauche. Les couloirs de la nef ont été carrelés à neuf, notre vieux confessionnal tout vermoulu et menaçant de s'effondrer a té remplacé par un nouveau au-dessus duquel nous pouvons contempler un grandiose bas relief d'une très grande richesse représentant Notre Seigneur appelant à lui tous les malheureux pour, les soulager et les consoler. La tribune a été enlevée et la porte d'entrée renouvelée. Enfin l'autel, la chaire et l'église toute entière viennent d'être décorés par l'habile pinceau d'un artiste, notre compatriote.
Dans la crainte d'être trop long, je me permets de passer sous silence la belle et originale acquisition de notre bénitier. La restauration de la sacristie, du presbytère et les multiples travaux de la place, tout cela, Monseigneur, je le dois un peu à mes paroissiens, beaucoup à mes économies, au dévouement et à la générosité de quelques âmes étrangères de la paroisse.
Au point de vue spirituel, mes paroissiens ont la foi, ils aiment l'église. Ils assistent aux offices les dimanches et les jours de fêtes et petit est le nombre de ceux qui ont oublié le chemin du Temple Saint. Avec quelle satisfaction je voudrais pouvoir ajouter que la pratique Chrétienne est en rapport avec les convictions. Parler ainsi ne serait pas honorer mon Ministère, ni respecter mes paroissiens en les flattant outre mesure. Ce serait moins encore être un témoin fidèle auprès de vous, Monseigneur, qui, à les mérites réels de vos ouailles. Aussi, pour ne pas mériter les reproches du Saint Roi David, je dirai Monseigneur la vérité pleine et entière.
Les hommes paient ici un large tribut au respect humain et n'osent franchir, malgré nos encouragements, cette barrière qui se dresse entre eux et la Sainte Table. Les femmes sont généralement chrétiennes et donnent par leur soumission aux lois de leur Mère la Sainte Eglise l'exemple à ceux qu'on appelle la partie forte de l'humanité. Les enfants, la portion la plus chérie de mon troupeau, malgré la tristesse des temps actuels sont généralement dociles et me donnent de douces consolations de les garder quelques temps après leur première communion. Mais hélas, lorsqu'ils ont grandi, ils sont jetés par des parents inconsidérés dans des usines, véritables foyers d'immoralité et d'irreligion, où ne tardent pas à sombrer avec les bons sentiments qui les animent, les douces espérances qu'avait fondé chez eux leur Pasteur.
Voilà en quelques mots, Monseigneur, l'état de la paroisse confiée par votre bienveillance à ma sollicitude. Le bien qui y était a progressé je le crois et j'espère que sa marche en avant continuera, je l'attends de Dieu d'abord, qui est le maître des coeurs, je l'attends aussi du zèle qu'a déployé ici pendant quelques jours le bon et digne missionnaire dont l'éloquence apostolique a dû fasciner et attirer les âmes. La divine semence qu'il a jetée dans les cœurs et qui se sera féconde par la grâce de votre bénédiction Monseigneur, lèvera un jour, et les brebis égarées j'en ai la douce confiance reviendront au bercail. Et alors, Monseigneur, la paroisse de Rennes-le-Château sera votre joie et votre consolation.

                   L'évêque sera très touché par ces marques d'attention et par les réalisations du prêtre.
   On ne sait, si avant sa mort, Monseigneur Billard est revenu à Rennes-le-Château, mais il ne fait aucun doute à l'existence d'une réelle amitié entre l'Evêque et le prêtre.
Paroissiens et fidèles apprécièrent le travail du Pasteur. Ces quelques mots au dos d'une carte postale d'époque en témoignent: "...Admirez, au milieu d'un cadre incomparable, les prodiges d'art d'un prêtre à l'âme d'artiste, aimant son église et sa paroisse. L'église tombait en ruines, il l'a complètement restaurée et magnifiquement ornée...."      

                                                                                          La dalle des chevaliers 

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Photo de gauche, en haut des marches  l'emplacement ou se trouvait la dalle, sculpture face au ciel.
La dalle dite des chevaliers photographiée en 1935 à Rennes-le-Château par M. Rougé.

 Photo - © Copyright André Galaup




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Dans un petit jardin contigu à l'église, un des nôtres a reconnu dans une dalle grossièrement sculptée ou plutôt gravée un ancien vestige qui daterait du V eme siècle; il est regrettable que cette dalle serve de marche d'escalier et soit exposée dehors à toutes les intempéries. Sa place serait bien mieux à l'intérieur de l'église et remplacerait avantageusement quelque panneau verni ou doré"

(passage extrait du compte rendu de la  Société d'Études Scientifiques de l'Aude, excursion 1905 - 
                                                                                                           Elie Tisseyre)
                                                                                                                                       


             

 cloture-place-publique.jpg                                                   Clôture de la place publique

 Le 15 Février 1891, sous la présidence de M. Tisseyre Jean maire, le Conseil municipal réuni en session ordinaire avait inscrit à l'ordre du jour la délibération concernant la clôture de la place située devant l'église et le cimetière. Demande faite par M. le Curé, par laquelle il priait le Maire et son conseil de vouloir bien l’autoriser à clôturer à ses risques et périls la place publique qui se trouve devant l’église et le cimetière, afin d’y élever des monuments religieux, mais non couverts tels que Missions ou croix et d’y établir un parterre, sans toutefois nuire aux diverses servitudes qu’elle comporte et de quelque nature qu’elles soient.
 Considérant que la clôture de la place publique n’est pas d’un grand préjudice pour la commune, que l’élévation de monuments et l’établissement d’un parterre ne serviront qu’à l’embellir, vu qu’elle n’est qu’un amas de pierres et de décombres, le conseil accorde la permission demandée.
Considérant qu’il est de l’intérêt de la commune de ne pas aliéner le terrain de crette place le Conseil émet certaines réserves:
  Que la place, quoique clôturée aux frais et charges sur le terrain du curé, ne lui confère aucun droit, ni à lui, ni a ses successeurs, ni à la Fabrique, et reste propriété communale que qui que ce soit aura le droit de pénétrer dans l’enclos soit pour visiter les monuments qui y seront élevés soit pour se rendre au cimetière.
 Que toutes les portes qui fermeront les différentes entrées de cette place seront pourvues de clefs dont une sera déposée entre les mains du maire ou de son délégué.
 Que cette place une fois clôturée restera ouverte les dimanches et les jours fériés ainsi que les jours de fêtes soient religieuses, soient communales et même nationales du lever au coucher du soleil et toutes les fois que les intérêts de la commune ou de habitants l’exigeront.
Que la commune ne participera en rien à la dépense qu’il sera faite pour les divers travaux que le curé daignera exécuter sur la dite place qu’elle ne prend ni à sa charge l’entretien ni les réparations que pourraient exiger les travaux exécutés.
Ainsi fait et délibéré à Rennes-le-Château.
Fait à Rennes-le-Château le 19 février 1891 - Le Maire.

 Le compte rendu des délibérations est adressé au Préfet de l’Aude qui prend un arrêté, en date du 4 mars 1891, d'ouverture d'une enquête publique d'une durée de 8 jours afin de recevoir les observations et doléances des habitants. À la clôture de l’enquête, on registre 32 voix pour et 13 voix contre. Le commissaire enquêteur donne un avis favorable et le 15 mars, le Conseil municipal décide que la place publique sera clôturée aux frais et risques et charge du desservant. Trois conseillers municipaux, Jean Sarda, Jean Moulines et Michel Malet, s'opposent au projet.
Le 21 mars, M. le sous-préfet, donne des suites favorables aux propositions du Conseil municipal sus mentionnées et d’autoriser M. le desservant à clôturer à ses frais la place publique.
Le 29 , l’abbé Saunière notifie son engagement.

                                                                                                                                    Des incidents regrettables

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Outrepassant l'avis du conseil municipal, Saunière va faire construire dans un angle du jardin, contre le mur du cimetière une petite maisonnette, ou il installera sa bibliothèque et cabinet de travail. L'édifice était surélevé, le sol avait été creusé afin d'aménager une citerne.

 Cette réalisation allait provoquer un incident le 14 juillet 1895. Un incendie menaçait tout un quartier essentiellement composé de granges emplies de foin. Les pompiers décidèrent alors d'utiliser la citerne. Le curé seul ayant la clef, la leur refusa. Le Maire. Sauzède intervint. Les pompiers voulant enfoncer la porte, Saunière s'exécuta. Le lendemain, le curé déposait une plainte à la gendarmerie de Couiza pour violation de domicile. 
   Le 20 juillet, le Conseil Municipal prenait une nouvelle délibération et ordonnait au curé de réintégrer le presbytère et d'installer sa bibliothèque et cabinet de travail  ailleurs. Le local resterait fermé au loquet et servirait à entreposer les vases. Le curé  devait  s'incliner.

                          

                                                                                                  La reconnaissance de son Evêque 

    Il serait inconvenant, faute de ne pas avoir assisté à cette visite et  de compte rendu du discours de l'Evêque, de rapporter les propos  qui affirment que, Monseigneur  quitta rapidement la cérémonie déçu par ce qu'il venait de voir.
   Inconvenant également pour ceux qui prétendent  que lorsqu'en octobre 1899, deux ans après cette visite épiscopale et alors que Saunière n'a pas encore mis en chantier les travaux du domaine,  Monseigneur Billard propose le curé  Saunière pour un "Personnat" et insinuent que Monseigneur a agi ainsi pour punir Saunière et le déplacer de Rennes-le-Château.
   Nous pensons, contrairement à ces dires que l'Evêque a félicité l'abbé pour son remarquable travail de restauration des annexes  et lieux religieux et pour preuve  de reconnaissance  et de gratitude  le propose à cette prébende (revenu attaché à un titre ecclésiastique, particulièrement à un titre de chanoine avec revenu lucratif)
        
     Carcassonne le 2 octobre 1899
      Monsieur le Sous-Préfet
    Monsieur l’abbé Saunière, Desservant de Rennes-le-Château, proposé à mon agrément, par Mgr L’Evêque de Carcassonne pour un personnat
      Agréez, Monsieur le Sous-Préfet l’assurance de ma considération  très distinguée

         Cette requête épiscopale transmise à M. le Préfet de l'Aude, celui-ci sollicite  par écrit l'avis du Sous-Préfet de Limoux qui répond le 16 octobre 1899:

         Monsieur le Préfet
M. L'abbé Saunière est dans une situation de fortune aisée. Il n'a pas de charge de famille. Sa conduite est bonne. 
Il Professe des opinions antigouvernementales  et a une attitude de réactionnaire militant.
Avis défavorable.
Signe Henrri Sereno -   Sous-Préfet
Refus de Personnat confirmé par Monsieur Félix Regnaut Préfet de l'Aude. 
      Saunière reste à la cure de Rennes comme curé, ce qu'il a toujours souhaité.

 cuve-dans-le-jardin-du-calvaire-3.jpg

 

 

 

 

 

 

L'ancien béniter 

Date de dernière mise à jour : jeudi, 04 Juillet 2013

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