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       De chapelle mortuaire  à  l'église paroissiale et la découverte du tombeau des Seigneurs                                                           

    st-rome-gualy.jpg        Le  24 juillet 1827, Mgr Saint Rome Gualy, dans le compte rendu de sa visite pastorale  écrit:
"le pailler" du presbytère confronte au midi, la rue de "la capelle". Sur le plan cadastral, cette  parcelle dénommée "la capelle"  comprend tout le terrain: pailler, presbytère, église et cimetière et jouxte la parcelle dénommée "emplacement village", se situant non loin du château seigneurial qui se trouve à côté de la porte d'entée du cimetière. Le chevet de l'église, ainsi que les murs qui vont jusqu'au clocher sont construits en pierre de petit appareil et arcatures lombardes, indiquant l'ancienneté de cette construction vers le XI e siècle".
    L'historien Louis Fédié nous dit qu'au cours des siècles, Rennes à eu à sûbir d'importants changements car les guerres et invasions furent nombreuses dans le Haut Razés jusqu'au XVIIIe siècle et que Pierre de Voisins ne releva pas les murs abattus, mais se contenta de remettre à peu près en état l'ancien château.
 Roger Hyvert situe l'ancien château plus à l'Ouest englobant les actuels chemin de ronde, la villa Béthanie, l'église et le cimetière.
Le château actuel ne contient que quelques pans de murs du XIIIe siècle, le reste ayant été élevé essentiellement dans le dernier tiers du XVIe et au début du XVIIe siècle. 
  Les archives historiques nous apportent quelques précisions concernant  la construction et l'implantation de l'ancienne chapelle :
 Pierre II, Seigneur de Rennes, reçut de son père Pierre 1er, l'ancien château situé à l'Est du village, appelé  « Castrum Valens »  qu'il ne jugea pas nécessaire de restaurer, et  fit fortifier un château situé au couchant, d'origine wisigothe (il subsiste aujourd'hui, une grande salle voûtée qui avait servi d’écurie) qui existait déjà et dont il en fit un vrai château fort avec quatre tours, trois rondes et une carrée, et qui par la suite  donna son nom au village actuel .
 Proche du château et jouxtant le cimetière, se trouvait une chapelle de construction en petit appareil avec arcatures lombardes avec une seule ouverture très étroite. Pierre II, et ses successeurs, vont agrandir cette chapelle funéraire et en faire l'église paroissiale, la prolongeant de trois travées, d'un clocher et d’un porche d'entrée".

                  La découverte du tombeau des Seigneurs 

Le registre paroissial des baptêmes, mariages et mortuaires des années 1694 à 1726, (fonds Corbu-Captier) est la seule archive connue à ce jour, qui, par les actes consignés par les prêtres, apporte des preuves d'authenticité dans l’affaire de Rennes-le-Château. 

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Quelques passages:
 « … L'an mille sept cent cinq et le trentième jour de mars est décédée, dans le Château de ce lieu dame Anne Delsol âgée d'environ septante cinq ans veuve de messire Marc Antoine Dupuy seigneur de Pauligne, ancien trésorier de France de la généralité de Montpellier …munie des sacrements… elle a été inhumée les trente un dudit mois dans l'église de ce lieu au tombeau des seigneurs qui est auprès du balustre en présence du dit Maître Michel curé de Saint-Just et le maître Antoine Delmas curé des Bains enfoy dequoy ".
                          Signé Vernat Curé ».

 Sont également inhumés dans la chapelle funéraire en l’an mille sept cent vingt quatre: 
" Noble messire Henry du Vernet, lieutenant-colonel de cavalerie…enterré dans l’église du lieu au tombeau des seigneurs…signé Vernat curé".

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Sur acte de mariage de Messire Heny d'd'Haupoul avec Demlle Marie Dupuy en 1680


 24 avril 1743 -Extrait du testament de Henry de Hautpoul, Seigneur Baron de Rennes, Aussillon et autres places.
..."Je recommande mon âme à Dieu et à toute la cour céleste, voulant qu'après mon décès, mon corps soit enseveli dans l'église paroissiale du dit Rennes tombeau de mes ancêtres et que les honneurs funèbres me soient faites suivant la volonté de Dame Dupuy mon épouse...                     

     L’emplacement du tombeau.
      A l’origine chapelle mortuaire, (fin du XIIe, début XIIIe siècle, les Seigneurs firent agrandir la chapelle en la prolongeant de trois travées. L’espace situé entre le fond de la chapelle et  le fond de l’église fut rehaussé et carrelé. Pour accéder au sanctuaire ils firent construire deux marches en pierre dure qui joignirent les deux murs latéraux. L’ancien appui de communion en bois fut remplacé en 1828 par un appui de communion en fer forgé avec 2 portes
Dés lors, on ne parlera plus de chapelle seigneuriale mais d’église paroissiale. 

   Pour situer dans l'église actuelle l'emplacement du tombeau,  nous avons trois informations:
   Un  carnet (Archives fonds Corbu Captier) ou  Bérenger Saunière écrit : « 21 septembre 1891, lettre de Granés, découverte d’un tombeau, le soir pluie » 
   Un   brouillon  préparé par Saunière avant la venue en 1897 de Mgr Billard ou il note : « Les couloirs de la nef ont été carrelés à neuf » 
   Enfin,  l’acte de décès d’Anne Delsol qui situe : « le tombeau des seigneurs  auprès du balustre ».

.                    A propos du balustre

      Depuis la parution en 1962 de l'ouvrage de Gérard de Sède "L'or de Rennes", chercheurs et écrivains  se sont toujours focalisés sur l'origine et la présence dans l'église de Rennes-le-Château d'un  balustre. Cité dans l'acte de décés, ce balustre serait selon ces auteurs un élément du mobilier de l’église qui aurait supporté l’ancienne chaire enlevée en 1879 et serait à l'origine de  la découverte d'un parchemin, qui aurait conduit Saunière à la source de  sa soudaine richesse (parchemin totalement inconnu à l'exception des nombreux faux qui circulent).
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 Antoine Captier et Claire Corbu, dans L’héritage de l’abbé Saunière, éditions Bélisane, page 274, à propos du balustre nous disent :
 « Nous avons tout lieu de croire que ce balustre n’est autre que celui qu’utilisa l’abbé Bigou pour y cacher la fiole avec son petit parchemin… il ne pouvait ignorer l’existence de ce tombeau. Pourtant il ne l’utilisera pas pour servir de sépulture à Marie de Nègre d’Ables qui sera inhumée dans le cimetière ».
   Faisant référence aux archives, nous dirons que Marie de Nègre d’Ables, marquise de Blanchefort, décédée le 17 janvier 1781 ne pouvait être inhumée dans le caveau des Seigneurs de Rennes étant donné que par Lettres-Patente du Roi, concernant l'inhumation dans les églises, chapelles et cimetières, données à Versailles le 15 mai 1776 et registrées en parlement le 23 août 1776:
      L'article premier stipulait:
    " Nulle personne ecclésiastique ou laïque, de quelque qualité, état et dignité qu'elle puisses être, à l'exception des archevêques, évêques, curés, patrons des églises, et haut dignitaires et fondateurs des chapelles, ne pourra être enterré dans les églises, même dans les chapelles publiques ou particulières, oratoires, et généralement dans tous les lieux clos et fermés où les fidèles se réunisent pour la prière et célébration des saints mystères, et ce, pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce soit.".   


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   Quant à la supposée cache d'ou serait tombéee une fiole contenant le supposé parchemin, on voit mal comment elle aurait pu si loger, (un menuisier vous donnera la réponse et l'origine de l'élément rapporté).     

 

    
    Lorsqu'il est écrit dans les actes'"auprès du balustre" il n'est pas fait référence à un quelconque objet , mais de "la table de communion", qui sépare la nef et le choeur et qui peut-être  en  bois, en fer et rarement en pierre.
    Les archives religieuses nous apportent un élément de réponse, dans le compte rendu de visite pastorale de Mgr de Laporte en 1808 ou il est écrit :
    "Les fonts baptismaux auxquels il faut faire un couvert à la piscine et un balustre tout autour (grille en bois ou en fer forgé), estimé 48.00 frs) ".
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    Dans le compte rendu de visite pastorale à l'église Saint Michel de Fontrouge, annexe de St Benoît, église champêtre, comme avait coutume de la nommer M. Leuilleux, il est écrit "... le balustre qui est de pierre de taille, nous n'avons pas trouvé a propos d'y mettre de fermeture...".
   En conclusion, je pense que lorsque le curé Vernat en 1705, Mgr de Laporte en 1808 et lors de la visite à l'église de Fontrouge écrivent balustre ils font référence à la  table de communion.  
                 Le tombeau, qui jadis, se trouvait  dans la chapelle se situait donc aux pieds des deux marches, prés de la table de communion, au centre de la nef.      

      image3-4.jpg     gp-sur-le-nom-balustrade-en-fer-pour-autel-1.jpg  Histoire ecclésiastique et civile de la ville de Carcassonne par le Révérend Père Bouges.  " ... l'abbé Geofroy fait faire une balustrade d'autel avec des fers...     

                Pour le côté légendaire de l'affaire de Rennes citons tout de même deux versions de cette découverte:
   Antoine Captier et Claire Corbu, dans « L’héritage de l’abbé Saunière, éditions Bélisane, page 274 » qui parlent  d'une fiole découverte par le carillonneur, un ancien membre de leur famille .

   « Un soir, alors qu’il descendait l’escalier du clocher, mon grand père aperçut un reflet brillant provenant du chapiteau d’un vieux balustre que les maçons avaient mis dans un recoin car il devait les gêner dans leurs travaux. Intrigué il s’en approcha et découvrit que le reflet provenait d’une fiole coincée au fond d’une profonde entaille du chapiteau. Le vieux balustre avait du être déplacé sans trop de ménagement et le morceau de bois qui devait normalement s’imbriquer dans l’entaille s’en était détaché en partie laissant apparaître la fiole. Mon grand père la dégagea et constata qu’il y avait à l’intérieur un bout de parchemin roulé. Il porta le tout à Monsieur le curé et il n’en entendit plus parler. Il disait que c’était grâce à ça que le curé avait trouvé un trésor »

   Jean Luc Robin, «  Rennes-le-Château, Le secret de Saunière - Editions Sud-Ouest- page 51 » qui a habité pendant plusieurs années la villa Béthanie, et qui eut  l’opportunité de s’entretenir avec quelques rares anciennes familles qui habitaient le village, et parcourir les archives nous dit  :
   " Antoine Captier le carillonneur du village, fait son tour de ronde avant de fermer l’église (la famille Captier habite toujours le village et c’est grâce à eux que j’ai pu avoir à ma disposition les archives du prêtre pendant cinq ans). A l’endroit où s’érigeait l’ancienne chaire, Antoine remarque un pilier de bois joliment ouvragé et surmonté d’un chapiteau corinthien. Ce pilier d’un mètre de haut supportait l’ensemble. Il a été négligemment jeté au sol parmi les gravats et Antoine, trouvera  cela dommage, décide de le mettre en sûreté. Au moment où il le redresse, un bruit de verre brisé attire son attention. Une cavité habillement aménagée dans le chapiteau laisse échapper une fiole de verre qui s’est brisée au sol. Parmi les éclats gît un petit parchemin roulé  qu’elle contenait vraisemblablement. Intrigué, il décide de remettre le message au curé qui passera la nuit entière à le déchiffrer. Ce pilier existe toujours et c’est le propre arrière petit-ils du carillonneur, lui-même appelé Antoine, qui le conserve ».

   Personellement  je serai plus attentif au  témoignage  d’un ancien enfant de cœur, présent le jour de la découverte,  qui fit le récit de cette journée à l'abbé René Maurice Mazières, alors curé de Campagne. 
 rousset-sdefamille.jpg   « J'ai connu un ancien enfant de chœur de Bérenger Saunière, Mr Rousset,(Alphonse Rousset, fils de Elie Rousset) alors âgé d'une dizaine d'années à l'époque qui avait souvent fait le même récit chez lui et à ses amis de l'aventure qui lui était arrivée et qu'il partagea avec 5 autres enfants de chœur qu'il voyait au catéchisme.
    Un jour le curé leur dit: demain c'est jeudi, vous viendrez m'aider, nous avons à faire quelque chose dont je vous demande d'observer la plus grande discrétion. Surtout ne parlez de rien à vos parents ni aux gens du village. Je vous récompenserai par un succulent goûter que vous servira ma bonne Marie.        On imagine la joie des enfants d'une telle confiance. Le lendemain, à l'heure convenue, ils étaient tous là, à la porte de l'église. Le curé les fit entrer et à la surprise générale, ils virent plusieurs barres à mine enfoncées dans la terre, prêtes à faire levier pour débloquer une dalle qui avait été mise à jour.
   Tous ensembles dit l'abbé, nous allons essayer de la dégager. Après maints efforts ils devaient y parvenir. 
Le curé regardant sa montre leur dit: Il va être midi, vous allez rentrer chez vous pour manger. Ne parlez de cela à personne, et si l'on vous questionne, dites qu'on a fait catéchisme. A 4 heures vous reviendrez et un bon goûter vous attend. A 4 heures, ils étaient là et surprise pour les enfants, la dalle avait retrouvé sa place.

    Les enfants demandèrent des précisions à l'abbé, mais il resta très évasif: ce ne sont que des tombes, et on ne peut aller plus loin. Et les marches taillées dans le roc, demandèrent quelques enfants à l'esprit plus curieux. Rousset était formel, il avait bien vu des marches grossières, taillées dans le roc, assez hautes, difficiles à franchir et puis, le noir, il avait bien noté que la dalle était bien située au centre de la nef, un peu avant les deux marches donnant accès au sanctuaire et que la faille se dirigeait vers le pilier de la porte d'entrée de l'église »
    Peut-on douter de la sincérité du jeune Rousset ? La dalle soulevée par les maçons se trouvait bien au centre de la nef, avant les deux marches donnant accès au sanctuaire.                                                                               

                  La présence d’une crypte?
     On ne peut exclure que dans le périmètre qui entoure l'église de Rennes-le-Château il y aurait une crypte.  Depuis quelques années, cette information, parmi tant d'autres circule, il faudra être patient et attendre le résultat de  fouilles officielles pour confirmer ces dires. 

     
     

 

 


 

 

Date de dernière mise à jour : mercredi, 16 Octobre 2013

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